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La CAQ choisit le camp de la droite fiscale radicale…

Faudra cesser de dire « Coalition avenir Québec ». Car ce parti n’a plus rien d’une coalition; loin s’en faut. Si, lors du lancement de son parti politique, François Legault aimait s’enorgueillir que son « mouvement » dépassait le vieux clivage fédéraliste/indépendantiste – dans le sens de vieilles affaires qui ne sont pas les vraies affaires –, au moins dorénavant il n’y a plus de doute possible.

La CAQ est un parti de droite très, très fédéraliste. Et très, très à droite.

Tout au long de l’année, chaque parti ponctuera les semaines de différentes annonces à saveur électorale. Un des travers de l’élection à date fixe; la campagne est déjà bien lancée. Et aujourd’hui, Denis Lessard de La Presse révélait que la CAQ avait trouvé son « candidat économique », sa grosse pointure en la matière, sa caution électorale économique en quelque sorte.

Il s’agit d’un des porte-étendards de la droite fiscale la plus radicale au Québec, un fier représentant du think tank de droite qu’est l’Institut économique de Montréal, le chroniqueur Youri Chassin.

En réaction à la nouvelle, l’ex-ministre péquiste Camil Bouchard, l’un des instigateurs du réseau des CPE, y allait du commentaire suivant :

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En effet, on est ici dans ce que la droite produit de plus radical. On imagine sans difficulté Youri Chassin avec le parti conservateur du Québec d’Adrien Pouliot. La caution économique de la CAQ est un chantre de la privatisation des services publics et de la réduction de la taille de l’état.

Genre, l’état peau de chagrin.

Ce sera intéressant de voir comment François Legault répondra des prises de position passées de son candidat vedette-économique. Sur la privatisation en santé, sur la privatisation de la SAQ, la privatisation d’Hydro-Québec, la privatisation des prisons (bref, tout ce qui peut être privatisé et selon Chassin, la liste est très longue, voire même Postes Canada au fédéral) la fin de la gestion de l’offre en agriculture, ce à quoi on ajoutera les positions déjà affichées par la CAQ qui souhaite l’abolition des commissions scolaires, la fin des CPE, etc.

Si l’on taxe souvent Québec solidaire d’être l’incarnation de l’extrême-gauche – faut lire le programme pour s’en convaincre -, on pourra dorénavant dire de la CAQ qu’elle se situe aussi, par une telle candidature économique, dans la radicalité économique fiscale.

Car Youri Chassin a beaucoup publié. Voilà une candidature de très haut risque, un personnage polarisant, dont les prises de position radicales en matière de services publics, de fiscalité et d’économie seront étalées au grand jour par les adversaires politiques de la CAQ.

Et oublier tout nationalisme économique avec cet ancien collaborateur du conseil du patronat. C’est pas du tout le bon registre. Si Stéphane Gobeil a encore quelconque rôle à jouer à la CAQ, cela fera des discussions intéressantes entre lui, l’auteur du bouquin « Un gouvernement de trop », ce gouvernement étant l’état fédéral selon l’auteur, et Youri Chassin, dont les publications s’opposent radicalement à ce principe.

Voilà une candidature qui sera applaudie à tout rompre dans les radios parlées de Québec. Les Duhaime et Fillion de ce monde jubileront. Mais qu’en sera-t-il de la population en général?

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