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Et si 2018 était l’année où la résistance des femmes faisait trembler les régimes des intégristes religieux…

La championne d’échec Anna Muzychuk fait beaucoup parler d’elle suite à son refus de se plier aux diktats religieux de l’Arabie saoudite envers les femmes, un prérequis pour participer aux championnats qui se tiendront dans ce pays.

Alors qu’au Canada on fait la part belle aux barbares Saoudiens en échange de lucratifs contrats d’armement militaire – non, Justin Trudeau mentait, ce ne sont pas que des Jeeps – et des milliers d’emplois qui viennent avec, cette championne du monde choisit d’honorer ses principes plutôt que le pactole qu’elle aurait pu faire en participant à ces championnats. Une somme dont elle aurait bien besoin dans une discipline où les butins sont rares.

Dans le cadre d’une entrevue fort intéressante avec le Paris Match, Anna Mazychuk a expliqué plus en détail les raisons de sa décision de boycotter les championnats mondiaux :

« Comprenez-vous que dans le contexte de tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran, votre geste puisse avoir une résonnance politique ?

Je ne fais pas de politique. Je suis une sportive. Ce qui m’intéresse c’est de jouer aux échecs et je le fais plutôt bien. C’est vrai que dans ce contexte, il y a un forcément un mélange de choses. Pour ce championnat, les joueurs israéliens n’ont pas obtenu de Visas et les Qataris et les Iraniens ont failli ne pas venir. Le plus important pour moi c’est de me sentir libre quand je joue et je ne suis pas la seule. De nombreux joueurs de haut niveau ont refusé de venir en Arabie saoudite. Je suis heureuse que ma sœur Mariya, ancienne championne du monde (Vainqueur du Women world chess championship en 2015 à Sotchi en Russie, NDLA), ait pris la même décision, une joueuse chinoise, un Britannique, un Danois. Vous voyez des hommes aussi ont refusé ! »

Bien que l’on comprenne que cette championne d’échec veuille séparer sport et politique, on se félicitera que par la pratique d’une discipline sportive, au nom du droit à un terrain égal pour les hommes et les femmes notamment, les diktats des intégristes religieux se trouvent remis en question, contestés. C’est d’ailleurs pour ça que l’histoire d’Anna Mazychuk fait tant de bruit.

#IranProtests : un contexte explosif

Au moment d’écrire ces lignes, le mot-dièse #IranProtests compte parmi les plus populaires du web. Des journalistes de partout sur la planète relaient de l’information sur les manifestations anti régime qui se passent actuellement en Iran. Des journalistes comme Farnaz Fassihi, de Harvard, une spécialiste des questions du Moyen-Orient pour le Wall Street Journal entre autre.

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Des femmes qui se libèrent de leur voile à la face du monde, mais aussi devant les autorités iraniennes, au péril de leur vie. Des milliers de gens qui se massent et qui scandent, à répétition, « nous ne voulons plus d’une république islamique! » Le régime iranien se cambre, il menace la population de représailles. C’est d’autant plus important dans ces circonstances qu’un contre-pouvoir puisse rendre compte de ce qui se passe pendant ces manifestations. En dehors des médias complaisants du régime et de ses alliés internationaux qui préféreront la « stabilité » en Iran, quitte à appuyer les intégristes religieux.

C’est bien ce qu’a fait le député libéral fédéral Majid Jowhari, un iranien d’origine, en tweetant de son compte officiel de député que « le gouvernement iranien était élu », ce qui est une fausseté sans nom. Ce régime est anti-démocratique jusqu’au bout des ongles…

Et si 2018 était l’année où, par la résistance des femmes notamment, on faisait trembler les régimes des intégristes religieux. Et si 2018 marquait le début du vacillement de ces dogmes qui, chaque fois, asservissent les femmes?

Chez nous d’ailleurs, certains « progressistes » se trouveront bien embêtés. Eux dont les accointances avec certains intégristes religieux sont connus. Ces mêmes intégristes religieux qui profitent du multiculturalisme de Trudeau pour distiller leurs dogmes bien enveloppés dans les faux drapages de la « diversité ». On a ici l’image d’un Trudeau triomphant, souriant, grand apôtre de la « diversité », prenant parole dans une mosquée en saluant les « sisters up there », les femmes envoyées au balcon d’en haut, ces êtres inférieures qui n’ont de place avec les hommes…

Et si 2018 marquait le début d’une prise de conscience collective que les intégrismes religieux doivent être combattus, tous, quels qu’ils soient…

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