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« L’exercice du pouvoir sur la base d’une large et nécessaire apathie populaire »

« La démocratie d’équilibre ou le pluralisme politique conçu, à partir de Joseph Schumpeter surtout, comme un système non d’égalité mais d’équilibre entre les diverses forces et élites en lutte pour la direction de la société et l’exercice du pouvoir sur la base d’une large et nécessaire apathie populaire. »

André Vachet, Université d’Ottawa. Démocratie et libéralisme Numéro 9, hiver 1986

Nous y sommes.

À la lecture de ce texte, hautement lucide et visionnaire aussi, comment ne pas cynique devant la dégradation de nos institutions démocratiques. Vit-on encore au sein d’un régime « démocratique » au sens étymologique du terme « démocratie » (du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité) ?

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« L’exercice du pouvoir sur la base d’une large et nécessaire apathie populaire »

Cette large et nécessaire apathie populaire qui fait en sorte que nos institutions soient cannibalisées, inféodées aux intérêts d’une petite caste qui réussit à contrôler le système de justice;

Cette large et nécessaire apathie populaire qui rend possible le fait que cette élite réussisse à confier la direction de corps policiers entiers entre les mains d’une même famille, un népotisme qui n’émeut personne;

Cette large et nécessaire apathie qui permet que cette élite voit les politiciens qu’elle commandite lui balancer des millions d’argent public dans le giron de groupes de presse qu’elle contrôle, et qui en retour, appuieront sans réserves lesdits politiciens;

Cette large et nécessaire apathie populaire sur laquelle compte le régime ami afin de politiser complètement les institutions à coup de nominations partisanes qui se traduisent par la loyauté de mandarins qui déclinent en pleine commission parlementaire qu’ils ne doivent rien aux ministres;

Cette large et nécessaire apathie populaire qui réussit à produire un parti politique immensément riche fort des récoltes d’une décennie de collusion, de financement illicite, de tonne de fric qui place ce dit parti en position démesurément avantageuse;

Cette large et nécessaire apathie populaire sans laquelle il serait impensable que le boss de la police anti-corruption soit choisi par le régime corrompu, régime qui nomme aussi le DPCP, les juges, le boss de la police provinciale, le gendre de l’autre, à qui on refile, tant qu’à y être la direction du plus gros corps de police de la province, le SPVM… Le boss de la police anticorruption qui promet de ne pas nuire aux chances électorales du parti corrompu.

Pas de citoyens dans la rue pour dénoncer l’état pitoyable de notre système démocratique; personne pour s’indigner outre-mesure de la politisation outrancière de la police et de la justice…

Non. La nécessaire et large apathie populaire.

Celle qui rend possible que cette élite réussisse à imposer un clone de son régime comme solution « démocratique » de remplacement.

« Philippe Couillard c’est l’image du bon père de famille… »

Sébastien Bovet, analyste politique, Radio-Canada.

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