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Méchante claque pour le NPD de Jagmeet Singh…

Comme aucune des quatre élections partielles de la semaine dernière au fédéral ne se tenait au Québec, elles ont été peu couvertes par les médias francophones. Pas plus que nos analystes politiques y ont-ils porté attention. Pourtant, ces partielles n’étaient pas sans intérêt.

La journaliste Joan Bryden signe un texte pour La Presse canadienne sur la déconfiture complète du NPD de Jagmeet Singh dans un comté de la région de Toronto (Scarborough-Agincourt) notamment.

C’est que le NPD est presque disparu complètement de la carte électorale lors de cette partielle. En effet, le parti Libéral a récolté 49% des voix et les Conservateurs 41%, laissant un maigre 5% au NPD. Au plus fort de la popularité du chef Jack Layton, le NPD avait frisé les 20% dans ce comté en 2011.

La journaliste Bryden rappelle que le tout avait bien mal commencé pour le nouveau chef Jagmeet Singh dans le cadre de cette partielle. Jugeant important d’être sur place, le chef est apparu dynamique, enthousiaste lors du lancement de la campagne de son candidat Brian Chang… jusqu’à ce que l’on fasse remarquer aux organisateurs néodémocrates que l’endroit où se tenait l’événement était dans le comté voisin de Scarborough-Nord!

Ça part mal.

Joan Bryden explique que la déconfiture de la partielle de Scarborough-Agincourt est peut-être symptomatique d’un malaise plus profond dans le parti. Depuis l’élection du nouveau chef, il s’est tenu six élections partielles et dans chacune d’elles, la part du vote du NPD a faibli. Parfois de façon spectaculaire.

Jagmeet Singh, lors de la partielle dans Lac-St-Jean.
Jagmeet Singh, lors de la partielle dans Lac-St-Jean.

Comme dans la partielle de Lac-Saint-Jean le mois dernier où le NPD avait terminé 2e à l’élection générale de 2015 en chauffant le Conservateur Lebel. Lors de la partielle, le NPD a terminé loin 4e. Une dégelée. Il y a d’ailleurs une place prendre pour le Bloc Québécois qui a terminé deuxième dans cette partielle sans grande organisation. Le NPD n’a pas réussi à s’implanter durablement au Québec et tout indique que le Bloc pourrait profiter de cette déconfiture orange.

Les analystes ont évoqué la possibilité que le fait de choisir un chef qui expose de façon ostentatoire ses convictions religieuses puisse nuire au NPD au Québec, là où l’affirmation religieuse et l’exercice du pouvoir n’est pas très populaire. Joan Bryden fait remarquer – et c’est pertinent selon moi – que le NPD misait en contrepartie qu’un chef comme Jagmeet Singh compenserait par un appui plus substantiel là où la proportion de Néo-Canadiens est plus élevée (ceux-ci étant plus enclin à adopter les principes du multiculturalisme et sa manifestation ostentatoire en politique).

Le comté de Scarborough-Agincourt est de ceux-là et pourtant, le NPD n’a pas réussi à intéresser la population à sa candidature. Sans oublier que, dans le cas de Jagmeet Singh, c’est la maison en quelque sorte, le comté où il a grandi. Un chef local.

Manifestement, les effets de la « vague orange » de 2011 se sont estompés depuis longtemps. Le NPD est un parti qui se cherche et son incapacité à percer lors de partielles en Ontario et en Colombie-Britannique a quelque chose d’inquiétant.

Le malaise a certainement débuté sous Thomas Mulcair alors que le parti s’était positionné pour la première fois de son histoire comme la formation à battre en début de campagne fédérale en 2015. Favori dans les sondages, le NPD s’est écroulé, débordé à gauche par Justin Trudeau et attaqué à droite par Stephen Harper. Assis entre deux chaises, Mulcair a tenté de faire le grand écart, et il y a failli.

Lamentablement.

Un enseignement qui devrait être utile pour au moins un politicien québécois à l’aube de la campagne électorale provinciale de 2018. À tenter de plaire à tout le monde, on finit parfois par mécontenter le plus grand nombre… En particulier, la base sur laquelle doit se construire tout succès électoral.

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