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Sale temps pour les progressistes…

Voilà à quoi j’ai pensé en prenant connaissance du plus récent sondage Léger sur la politique québécoise. Sale temps pour les progressistes et les indépendantistes. La droite fédéraliste est en position de balayer complètement le Québec. On est à trois cent jours des élections mais quand même, une tendance lourde semble s’installer. On ne peut le nier.

Comme d’habitude, j’ai bien analysé la méthodologie et les données secondaires du sondage Léger. Celui-ci et celui du mois dernier. Il ne sert à rien de se mettre la tête dans le sable, pour l’heure, la solution de remplacement pour ceux qui souhaitent se débarrasser des Libéraux, ce n’est pas le PQ, c’est la CAQ.

Et c’est là le plus grand accomplissement de la droite fédéraliste; avoir réussi à imposer comme solution de remplacement un clone de son règne au pouvoir.

On le sent depuis un certain temps, dans les médias, cette tendance à accorder à la CAQ un poids média, une couverture digne de l’opposition officielle et de parti en attente du pouvoir. On dira bientôt aux gens du PQ « poussez pas votre luck! Vous êtes à moins de 20% dans les sondages! »

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Ce glissement du PQ est des plus inquiétants. Dans les faits, on ne peut nier qu’il s’agisse d’une lourde tendance que le chef actuel n’a jamais réussi à stopper, à renverser. Jean-François Lisée est un meilleur politicien que François Legault, et en campagne électorale, je miserais sur lui avant le chef de la CAQ. Toutefois, il arrive qu’un politicien n’arrive tout simplement à s’imposer dans la population. Bien que ce soit des situations différentes, je pense ici à Micheal Ignatieff au fédéral par exemple.

Passer de 9% à titre de « qui ferait le meilleur premier ministre » et finir dans la chaise du PM serait un exploit. Mais soyons francs, et l’enquête de Léger pointe dans cette direction, bien des militants du PQ n’y croient plus eux-mêmes. Peut-on les blâmer quand le parti Québécois est tiède sur la question de l’indépendance, déchiré quant à la façon d’incarner l’identité et la laïcité, des facteurs qui permettent à ses adversaires de le déborder sur tous les fronts?

Le risque est bien réel que le parti Québécois frappe un mur en 2018. Il lui reste 300 jours pour changer la donne; c’est long en politique mais c’est court dans l’existence d’un parti. Ce serait une grave erreur que de ne pas considérer toutes les options possibles, que de « penser à l’intérieur de la boite ». Le PQ doit tout mettre sur la table. Miser sur une bonne campagne électorale n’arrangera pas tout. L’effet démobilisateur des sondages est bien réel et planifier une campagne électorale alors que le bateau fuit de partout est pour le moins périlleux.

Pour Québec solidaire, ce n’est guère mieux. L’effet GND est bien mince et on est très loin des 18-20% que créditait le sondeur Mainstreet (le seul qui ait vu QS à ce niveau). L’entêtement de ce parti à défendre le multiculturalisme et les facéties de la gauche diversitaire –la dernière trouvaille du genre, le vocabulaire inclusif – se traduisent par l’enclavement de ce parti dans une zone d’influence politique qui ne s’étend pas bien plus loin que l’UQAM et les environs.

Même si QS avale ce qui reste d’Option nationale (et pas TOUT Option nationale, il se pourrait bien que d’irréductibles militants poursuivent sous un autre nom), tout porte à croire que le positionnement politique de ce parti vers l’extrême-gauche continuera de le confiner à quelques sièges sur l’île de Montréal.

Nombreux sont les gens dont le cœur porte à gauche qui ne se reconnaissent plus dans cette « gauche diversitaire » pour qui le sort des plus démunis est moins sexy que le combat pour une société moins « genrée » ou celui des femmes qui luttent pour le droit d’être « niqabées ».

Ouais. Sale temps pour les progressistes.

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