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« Nous sommes… clean! » – Le grand combat du parti libéral du Québec

La campagne électorale est lancée. Il ne fait plus aucun doute que tout dans l’action du PLQ est désormais axé vers la réélection du parti le 1er octobre 2018.

Et le PLQ joue gros. Très gros.

Philippe Couillard aura la délicate tâche au cours de la fin de semaine qui vient de profiter du congrès de son parti afin de projeter l’image d’une formation politique unie, soudée, et galvanisée derrière lui.

Quand le chef du PLQ déclinera son discours de fin de congrès dimanche, on devra sentir que sa base militante est derrière lui, mais aussi qu’elle endosse le bilan de la gouvernance Charest-Couillard et le programme politique à défendre au cours des prochains mois.

C’est pas donné.

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L’éléphant dans la pièce

La décision d’inviter Jean Charest au congrès préélectoral n’est pas anodine. L’ex-premier ministre a beau être au cœur de toutes les discussions de l’UPAC en lien avec les graves accusations qui concernent le système de financement occulte, de collusion et de corruption, il garde tout de même un ascendant auprès de la base militante.

En rapatriant Jean Charest, le parti libéral du Québec qui se lance dans la course électorale de 2018 affirme à sa base militante que l’heure est au grand rassemblement de tous les libéraux, sans exception. Car on sait chez les bonzes du PLQ que la partie s’annonce difficile.

Ainsi, Philippe Couillard procède au grand rassemblement des parlementaires égarés au gré des scandales des dernières années. Sklavounos retrouvera sa place, Guy Ouellette aussi, en dépit du croc-en-jambe qu’il a servi à son chef en scrappant la belle journée de l’annonce des baisses d’impôts. Ne soyons pas surpris que l’appel se rende jusqu’à Sam Hamad…

Dans les cercles libéraux, la prochaine campagne est particulièrement délicate en ce qui a trait aux nombreuses enquêtes qui visent des ministres, des députés et des militants, argentiers, et autres parties prenantes des magouilles passées.

Ils se souviennent très bien ces gens-là de ce qui s’est passé lors du très court règne du PQ entre 2012 et 2014, les perquisitions à répétition qui visaient le PLQ, la réelle possibilité que le prochain parti qui gouverne décide de dépolitiser complètement l’appareil judiciaire afin que toute la lumière soit faite sur la corruption et la collusion politique de l’ère Charest-Couillard.

Bien sûr, les libéraux ne l’admettront jamais; ils s’en défendront même, mais dans les faits, la perspective que le prochain gouvernement s’assure que les enquêtes aboutissent et que toutes les accusations soient déposées, voilà qui en indispose plus d’un.

Au municipal, quand le coin du voile a été levé sur les pratiques de collusion, de corruption, de financement louche, tout a déboulé très vite et les partis gangrenés par ces pratiques n’ont pas survécu aux enquêtes et aux procès. Et il a dans le cénacle du PLQ nombre d’acteurs qui étaient aux premières loges de cette débâcle…

Le jour où les accusations seront déposées dans les dossiers de l’enquête Mâchurer par exemple, si le tout se fait sans entrave et sans complaisance, le risque que le PLQ subisse le même sort que le PRO des Lavallois de Gilles Vaillancourt ou Union Montréal de Gérald Tremblay est bien réel.

Et tout semble être mis en place pour que le couvercle de la marmite ne saute pas avant les élections. Le temps commence à manquer avant que l’UPAC ne décrète que pour ne pas s’immiscer dans le processus électoral, la shop ferme et qu’aucunes accusations ne sera déposée dans les dossiers visant la politique provinciale.

Aussi, Guy Ouellette est écarté de la commission des institutions et n’aura plus le privilège de questionner l’UPAC. Celui qui le remplace dans cette chaise, le député libéral de Champlain, a essentiellement fait sa carrière professionnelle à la Régie du bâtiment. On est loin de l’expérience professionnelle de Guy Ouellette; difficile pour Robert Lafrenière d’en passer une à cet enquêteur d’expérience. Au final, les deux policiers (Ouellette et Poëti) libéraux auront été gardés à carreau assez facilement. Le PLQ se présentera devant la population toujours dans la position de pouvoir nommer seul les boss de l’UPAC, de la SQ (et lieu de népotisme), la DPCP, les juges… tout en étant toujours le suspect numéro des enquêtes de corruption et ce, depuis plus de 7 ans!

Nous sommes… clean!

En ça, le fait de ramener Jean Charest au congrès préélectoral du PLQ est aussi une manière de clamer l’innocence du parti; « nous n’avons rien à nous reprocher ». Philippe Couillard lui-même a déjà affirmé n’avoir jamais rien vu d’autre sous la gouvernance Couillard qu’un gouvernement intègre…

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On se demande alors pourquoi le second rapport Duchesneau qui traite précisément des pratiques de financement en politique provinciale est tabletté pendant plus de 80 ans!

N’en doutons pas, la meilleure façon pour les libéraux de garder le couvercle sur la marmite, c’est que rien ne change le 1er octobre 2018, que tout continue exactement comme avant. Demandez-le à Gilles Vaillancourt, pas même un an de prison pour une vie de corruption, les millions… Vraiment, vaut mieux que les copains soient aux commandes.

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