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Mise à jour économique de Leitao : le PLQ méprise les Québécois

Il vous sera possible de lire à rallonge des analyses de différents intervenants du secteur économique et politique en lien avec la mise à jour politico-économique du ministre des Finances Carlos Leitao.

La grande majorité de celles-ci déplorent le caractère électoraliste de l’exercice et soulignent à grands traits les effets délétères des mesures d’austérité imposée par le gouvernement Couillard en début de mandat; effets qui ne trouvent que peu de baume dans les miettes électorales lancées par le PLQ au moyen de maigres baisses d’impôts.

Je vous suggère l’analyse du journaliste économique Gérard Fillion :

« C’est en prenant de la perspective qu’on réalise combien l’allègement fiscal du gouvernement Couillard vient surtout des coupes en santé et en éducation et non pas seulement de la croissance économique. Depuis la crise financière de 2008, la croissance des revenus de l’État est relativement stable, alors que l’augmentation des dépenses a sérieusement ralenti. »

De l’autre côté du spectre, presque isolé, il y a l’homme de main du PLQ, ce sénateur en attente Alain Dubuc qui, dans La Presse, produit un de ces torchons qui aurait pu être écrit directement des fastueux locaux du PLQ-Inc… En somme, selon Dubuc, l’austérité est une vue de l’esprit, les contribuables québécois n’ont souffert de rien et le PLQ a surtout un problème d’image… Je caricature à peine.

Entre Fillion et Dubuc, pour saisir la nature de l’exercice, le choix est facile.

Mais l’austérité libérale, car c’est bien de ça dont il s’agit – souvenons-nous des textes de l’économiste Pierre Fortin dans L’Actualité qui expliquait en quoi on pouvait qualifier les politiques libérales « d’austérité » – se traduit par des conséquences directes, réelles, et souvent dévastatrices.

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L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) a documenté des centaines de mesures d’austérité et leurs poids combinés, tant économique que réel. Comment? En colligeant chaque mesure de compression, sources à l’appui. Et ça donne la nausée.

Le visage de l’austérité – en éducation

En éducation, la situation est décourageante. Tant de mesures combinées qui affectent, le plus souvent, les plus démunis, les plus fragiles. Des exemples :

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Coupures de services visant les élèves en situation de handicap ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA)

« Nous avions la chance d’avoir un service en Cadillac pour les élèves handicapés à Laval. Là, on note une baisse de qualité des services et ce n’est pas toujours le choix de la CSDL. Les compressions budgétaires du gouvernement font en sorte que les élèves handicapés paient le prix. » https://www.courrierlaval.com/actualites/2015/12/23/impacts-des-coupures-pour-ehdaa-4385303.html

« Plusieurs postes chez les professionnels ont été abolis et les heures de plusieurs autres diminuent, donc il faut changer les façons de faire. L’aspect préventif, les activités en classe contre la violence et l’intimidation par exemple, nous n’en faisons plus. Les éducatrices spécialisées, la direction, les enseignants nous envoient des élèves, mais nous ne faisons plus de préévaluations. C’est un problème. Nous voyons seulement les cas les plus urgents, les plus dysfonctionnels, comme les troubles anxieux sévères et les dépressions majeures. C’est rendu qu’il faut avoir des idées suicidaires pour avoir accès à un psychologue dans une école. »
http://www.ledevoir.com/societe/education/447965/compressions-dans-les-services-aux-eleves-handicapes-et-en-difficulte-des-eleves-et-des-enseignants-de-plus-en-plus-laisses-a-eux-memes

Élèves en milieu défavorisés

« Le programme Je suis capable, qui sensibilise aux sciences les élèves des villages défavorisés du Bas-Saint-Laurent qui sont frappés par un fort taux de décrochage scolaire, devra annuler ses activités prévues en mars après que Québec et Ottawa aient refusé de lui renouveler leur soutien. Après les compressions subies par Les filles et les sciences et Les Scientifines, il s’agit d’un nouvel exemple des difficultés qu’éprouvent la plupart des organismes qui tentent d’intéresser les jeunes aux sciences à financer leurs activités.

L’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et le cégep de Rimouski accordaient jadis 20 000 $, ainsi qu’une valeur de 30 000 $ en services, matériel, prêt de laboratoire et ressources humaines. « Mais depuis que ces établissements d’enseignement ont elles-mêmes subi des coupes en 2014, elles ne peuvent plus donner que les 30 000 $ en services et matériel »
http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/463926/education-un-autre-programme-special-chancelle

« Compressions obligent, l’école primaire Sainte-Jeanne-d’Arc, située dans un secteur défavorisé d’Hochelaga-Maisonneuve, a décidé de faire rouler ses classes au maximum de leur capacité. Résultat: la direction a fermé le jour même de la rentrée l’une de ses trois maternelles 5 ans. » http://www.lapresse.ca/actualites/education/201509/03/01-4897466-une-classe-de-maternelle-passe-a-la-trappe-dans-hochelaga-maisonneuve.php

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Coupures dans l’aide au décrochage scolaire

« Une vingtaine d’organismes régionaux de lutte au décrochage ont cessé leurs activités ou sont en mode survie. «Pour la grande région de Québec, le programme «La persévérance c’est capital», qui a investi 3,2 millions pour la persévérance depuis cinq ans, est aboli. Même chose pour Réussite Laval qui avait vu le jour au printemps 2010 et pour Action réussite en Abitibi qui a dû mettre la clé dans la porte il y a quelques semaines après avoir investi quatre millions et joint plus de 20 000 élèves »
http://www.journaldemontreal.com/2015/09/21/decrochage-scolaire-le-pq-et-la-caq-denoncent-les-coupes-de-25-millions

Intégration des élèves en difficulté au sein de classes régulières sans les services requis

« C’est un cauchemar au quotidien», affirme Chantal Arsenault, qui enseigne au primaire depuis 28 ans. «Il y a une pression incroyable sur le dos des enseignants qui doivent trouver des formules magiques afin que tous réussissent sans ressources, avec une aide minimale ou inexistante» affirme celle qui a récemment écrit au premier ministre Philippe Couillard, pour dénoncer la situation […] Les autres élèves de la classe écopent, on ne les stimule pas assez. J’ai honte de dire qu’ils ne reçoivent pas tout le contenu qu’ils sont en droit de recevoir. »
http://www.journaldemontreal.com/2016/01/25/les-profs-ont-la-vie-difficile

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Coupures de personnel – l’effet des compressions, au détriment du meilleur intérêt des élèves…

« La Commission scolaire des Monts-et-Marées abolit l’un de ses trois postes d’orthophoniste. Il s’agit d’une des mesures prises par l’organisation pour atteindre l’équilibre. » http://www.sympatico.ca/actualites/nouvelles/regions/est-du-quebec/commission-scolaire-des-monts-et-marees-un-poste-d-orthophoniste-aboli-1.1600930

Et ainsi de suite… des heures et des heures de « plaisir » à consulter les effets délétères des coupures libérales en éducation primaire et secondaire seulement. On y ajoutera le même scénario pour les domaines de la santé, de l’environnement, de la culture, de la famille, etc.

Partout. L’austérité libérale aura imposé plus de 4 000 000 000 $ de compressions dont la vaste majorité en santé et en éducation. Et ce chiffre ne comprend que les mesures comptabilisées entre juin 2014 et décembre 2016 ET il a prend en compte les miettes réinvesties par le PLQ (pour sauver la face) en santé et en éducation pendant cette période.

En définitive, le gouvernement Couillard ne vous fait pas de « cadeaux », il ne donne RIEN à la population québécoise, il ne fait que balancer quelques grenailles pour tenter de confondre la population, des jolis chèques qui seront « dans la malle » juste à temps pour les élections.

En consultant l’état des dommages que l’austérité a causé en éducation, en santé, on comprend mieux à quel point ce gouvernement méprise le Québec, les Québécois. Au point de les prendre pour de tels idiots qu’il espère les acheter au moyen de quelques miettes qui, pire, se substituent aux investissements dont les intervenants en santé, en éducation, ont tant besoin, eux qui tiennent à bout de bras des systèmes au bord de l’éclatement…

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