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« Je ne vote pas. Ça ne m’intéresse pas! »

À la radio ce matin; l’excellent Philippe Marcoux et son équipe à la radio régionale d’Ottawa-Gatineau. Une journaliste est envoyée parmi la foule du matin, arrêts d’autobus, trottoirs, centres commerciaux, afin de sonder les gens sur l’élection municipale de dimanche prochain.

Ce qui amusant d’une vox populi c’est qu’on peut y trouver toute sorte de citoyens, du plus engagé au plus cynique. La journaliste a frappé le gros lot en ce qui a trait à la seconde catégorie.

« T’as pas frappé l’bon gars. Ça m’intéresse pas. J’savais même pas qu’y’avait des élections. Ça m’intéresse pas. Si j’vas aller voter? Non. Ça m’intéresse pas. J’ai jamais voté madame. »

De retour en ondes, l’animateur Marcoux insiste sur l’importance d’aller voter, sur ce que cela représente pour la santé de notre démocratie, etc.

Retour à la maison. Je reçois une invitation à participer à un sondage web. Sur la mairie de Montréal. Ah. D’entrée de jeu, la première question demande si je réside à Montréal. Pour m’assurer de pouvoir remplir le sondage, j’indique que oui.

Au final, ma participation à ce sondage ne sera pas enregistrée. J’ai arrêté le tout en cours de route. Et j’ai repensé à ce type qui se « contrecrisse » de la politique. Et s’il n’avait pas tout à fait tort?

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À d’autres moments, j’ai eu des discussions passionnantes (et animées!) avec des amis-contacts qui militent pour la fin des partis politiques et qui, un jour, ont décidé de quitter complètement toute participation à ce « simulacre de démocratie ». Trop de ligne de parti, des parlements qui sont inféodés à des intérêts qui n’ont plus rien à voir avec l’intérêt supérieur de la collectivité, absence de représentation démocratique au sein de notre mode de scrutin désuet…

Ça se défend.

Si j’étais à Montréal justement, je serais bien embêté. En gros, le choix doit se faire entre Denis Coderre et Valérie Plante. Les autres candidats à la mairie n’ont aucune chance de l’emporter. Que fait le citoyen qui place au rang de ses convictions premières la défense de la laïcité s’il habite à Montréal?

Cette question est capitale pourtant, surtout à Montréal. Dans le cadre de la présente élection, encore une fois, les lobbys religieux ont été des plus actifs auprès des candidats. Et dieu sait (!) que les prosélytes religieux en mènent large à Montréal. Ai-je le goût d’appuyer un de ces deux candidats quand je sais que tous deux appuient, sans réserve, le multiculturalisme radical mis de l’avant par Justin Trudeau?

Non.

Le problème c’est que dorénavant, pour aspirer à la mairie de Montréal, tout candidat doit faire profession de foi envers le fédéralisme, le bilinguisme et le multiculturalisme. Je veux bien que chaque équipe compte des indépendantistes dans leurs rangs, mais je doute que leur implication puisse changer quoi que ce soit aux grandes orientations de leur formation politique municipale.

La « démocratie » selon Denis Coderre...
La « démocratie » selon Denis Coderre…

On me dira que l’équipe Coderre compte des candidats de valeur, etc. Désolé, Denis Coderre, c’est un politicien toxique à mettre dans la même catégorie que les Jean Charest, Jean Chrétien, Philippe Couillard, Jean-Marc Fournier; jamais je n’appuierais quiconque s’associe avec ce fourbe. Jamais.

En ce sens, je suis de ceux qui espèrent que l’élection en cours à Montréal sera son tombeau électoral. La politique se portera mieux (autant que faire se peut) si un Denis Coderre n’y est plus. Ne serait-ce que pour ça, je penche déjà un peu plus vers Valérie Plante. Mais son appui au multiculturalisme et ses velléités de bilinguisme étendu, voire institutionnel, me rebutent.

Vraiment, si j’étais de Montréal, je serais bien embêté.

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