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La réponse de Lino Zambito à l’UPAC est cinglante!

J’avais bien hâte de causer avec l’ex témoin vedette de la commission Charbonneau Lino Zambito hier soir afin de l’entendre à propos de la réponse de l’UPAC suite à l’arrestation du député Guy Ouellette.

On trouvera l’entrevue complète ici :

Dans la journée d’hier, le PM Philippe Couillard, solennel, a sommé l’UPAC de s’expliquer et d’en dire le plus possible sur « l’affaire Guy Ouellette ». Suite à l’appel du pied du PM, l’UPAC a stagé sa réponse par le biais d’une conférence de presse où le commissaire Robert Lafrenière était entouré de André Boulanger, directeur des opérations de l’UPAC et de Marcel Forget, commissaire associé de l’UPAC.

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On comprendra que sans l’appel du pied de Philippe Couillard, rien n’indique que l’unité anticorruption serait sortie de son mutisme et suite aux quelque 38 minutes qu’a duré cette conférence de presse, force est d’admettre que l’UPAC n’a finalement pas dit grand-chose.

Tout de l’exercice sentait l’opération de protection de l’image de l’UPAC et le dammage control. Robert Lafrenière voulait sauver sa peau, et celle de son équipe à la tête de l’UPAC.

André Boulanger s’est contenté de reprendre, point par point, les allégations faites par le député Guy Ouellette afin de les réfuter (sans pour autant apporter plus de détails sur les faits eux-mêmes) et il a répondu à chaque critique qui a été faite dans les médias sur le travail de son organisme. Il n’a convaincu personne.

Questionné sur le climat de travail à l’UPAC lors de la trop courte période de questions, Boulanger, laconiquement, a répondu que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dans la salle devant lui, certains ont dû pouffer de rire tant les critiques sur le climat de travail toxique à l’UPAC ont été rapportées à différents médias et de la part de nombreuses sources.

J’ai d’ailleurs questionné Lino Zambito à ce sujet précisément. De façon pertinente, il a rappelé que le commissaire de l’UPAC Lafrenière a été questionné en commission parlementaire au sujet du climat de travail deux fois plutôt qu’une et que la réponse de l’UPAC fut de produire un document de 9 pages sur cette question. Un document caviardé de A à Z.

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Aussi, M. Zambito a insisté sur différentes rencontres qu’il a eues avec les enquêteurs de l’UPAC, les gens de terrain, afin d’expliquer comment le haut roulement de personnel nuit aux enquêtes. Selon son expérience, les enquêteurs chevronnés quittent, découragés, excédés des lenteurs et de ce travail qui n’aboutit jamais. On les remplace par d’autres, souvent profanes, quant à ce qui se passe en matière de collusion.

« L’automne dernier, j’ai rencontré deux nouveaux enquêteurs dont l’un venait de l’Abitibi en charge du trafic et l’autre de Montréal aux crimes bancaires et là on les joint à l’UPAC et on leur demande d’aller enquêter sur la collusion. J’ai dû passer un bon 25 heures je vous dirais juste à leur expliquer c’est quoi la collusion! Si on veut aboutir, si on veut conclure les enquêtes, faut garder les enquêteurs qui connaissent ça, faut garder les enquêteurs chevronnés. »

Il faut comprendre que Lino Zambito se trouve dans une situation particulière, car il agit à titre de témoin pour le compte de l’UPAC dans plusieurs dossiers dont celui de l’ex vice-PM du Québec Nathalie Normandeau.

Toutefois, Lino Zambito lors de notre entrevue hier soir, a insisté pour dire que cela le rendait très inconfortable puisqu’il ne pouvait faire confiance aux hauts dirigeants de l’UPAC. Pour cette raison, il remettait en question sa collaboration avec l’Unité anticorruption tant que celui-ci serait dirigé par les gens en place.

D’ailleurs, à notre micro, Zambito a expliqué de façon détaillée, la nature des liens qu’il entretient avec Guy Ouellette (qu’il rencontre assez souvent et qu’il connaît depuis 2007) et Annie Trudel (avec qui il nous avouait avoir pris le lunch hier midi pour « sauver du temps aux gens de l’UPAC »). Se disant bien au fait des détails de l’arrestation, Lino Zambito a expliqué, dans le détail, comment les enquêteurs ont procédé pour piéger le député.

« Là on attaque des politiciens en fonction. C’est grave ça. […] Sont allés arrêter un député en fonction! Y disent appât! Allez voir la définition du mot appât. J’aimerais ça vous l’expliquer, M. Ouellette a été piégé. On a pris le cellulaire de M. Despaties, on a texté M. Ouellette, on l’a fait sortir de l’assemblée nationale, on lui a donné rendez-vous à Station-Laurier lui faisant à croire que c’était Despaties qui voulait le voir, y s’est rendu là pis je vais vous en mettre un peu plus, quand y’était rendu là, on a texté M. Ouellette en lui disant –on se faisait toujours passé pour le policier Despaties – ah il y a de la filature là, je ne pourrai pas te rencontrer, mais je t’ai laissé les documents dans telle poubelle au centre d’achat. Va les chercher là. Dès qu’il s’est approché de la poubelle, on l’a arrêté. Ça, si on appelle ça un appât, moi j’appelle ça, on a tenté de planter, de truquer quelqu’un, un élu en fonction. Ça c’est la vraie histoire, les détails tel que tel. »

Sur le fait que le directeur des opérations de l’UPAC André Boulanger a tenu à insister lors du point de presse qu’il n’y avait PAS de photos de Zambito avec Guy Ouellette, le principal intéressé y est allé de l’explication suivante :

« Quand on a arrêté M. Guy Ouellette, on lui a dit que l’UPAC avait des photos qui ont été prises récemment lors de la filature alors qu’il me rencontrait. C’est ça qu’on a dit à M. Ouellette. [je demande à Lino Zambito : c’est vrai ou c’est faux?] Oui j’ai rencontré M. Ouellete! Je le rencontre souvent M. Ouellette. Et la raison pourquoi je rencontre M. Ouellette assez souvent c’est parce que je pense que c’est un homme droit et qu’il veut faire avancer la cause de [la lutte à) la corruption au Québec. »

Loin de se désister sur la nature de ses rencontres ou sur le fait qu’il puisse partager de l’information avec Guy Ouellette ou toute autre personne qui puisse faire avancer la lutte à la corruption, Lino Zambito insiste sur le fait qu’il a perdu totalement confiance en l’organisation de l’UPAC à cause des agissements de ceux qui la dirige. Aussi, il lance une petite pointe aux enquêteurs qui traquent Guy Ouellette en leur disant de cesser la filature et de venir le rencontrer directement, car il n’a rien à cacher. Ce faisant, insiste Zambito, on pourra réaffecter plus de ressources pour conclure le dossier Mâchurer!

Loin d’être impressionné par les explications du commissaire associé de l’UPAC Marcel Forget concernant les allégations de la vérificatrice Annie Trudel, Lino Zambito a lancé une dernière petite bombe lors de notre entrevue…

« Marcel Forget, c’est lui qui, quand il était à la SQ, avait ordonné qu’on arrête la filature de Eddy Brandone dans le dossier de Jean Charest! »

Dois-je rappeler que selon ses conditions de libération conditionnelle, Lino Zambito s’expose à de lourdes conséquences s’il confond la justice par ses déclarations incendiaires… Ça vaudrait peut-être la peine que l’on demande au commissaire associé si cette affirmation est véridique.

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