dm0-o05w0aao5og

Un vent de face permanent…

La pente sera abrupte pour les indépendantistes lors des prochains rendez-vous électoraux. N’en doutez pas. Si la partielle qui s’est tenue dans le comté de Lac St-Jean est indicatrice de quelque chose c’est que les indépendantistes devront affronter un fort vent de face. Une rafale permanente en quelque sorte.

En regardant le résultat de cette partielle, une question me tarabiscotait et j’ai décidé de contacter une personne bien au fait de la campagne menée par le Bloc québécois au Lac St-Jean. Ces résultats étaient-ils ceux auxquels on s’attendait au sein du camp bloquiste?

Pour dire vrai, on est un peu déçu selon ma source, au Bloc, on y a cru. C’est une partielle et il y a bien des éléments que l’on ne contrôle pas, comme le taux de participation et la capacité des uns et des autres de faire sortir le vote. Toutefois, on ne peut dire que cette partielle s’est tenue dans le plus grand anonymat. Il y a eu une couverture appréciable de cette élection, notamment au cours des derniers jours.

Et c’est précisément là que le camp indépendantiste peine le plus. Le candidat du Bloc québécois était connu dans la région, il jouissait de l’appui d’un syndicat d’importance. Tous savaient que le Bloc serait sur les rangs pour « chauffer » sinon l’emporter dans Lac St-Jean. Pourtant, les gens du Bloc, encore une fois, ont eu toutes les difficultés du monde à attirer l’attention vers eux.

Quand la cheffe Martine Ouellet faisait campagne, il n’y avait pas foule du côté des médias. C’est que l’on traite toujours le Bloc comme un tiers parti, du moins c’est la justification que l’on sert aux organisateurs bloquistes. Une mention de temps en temps. Dans le cadre de l’élection partielle, difficile dans ces conditions d’intéresser la population aux messages et aux opinions véhiculés par le candidat et le parti.

Mon contact en avait beaucoup à dire, notamment, sur la différence notable de couverture entre la présence de Martine Ouellet dans cette campagne comparativement à celle du chef du NPD Jagmeet Singh. Rien à voir. Les médias nationaux sur place pour suivre le chef du NPD, une couverture appréciable. On notera que le chef du NPD n’a pas eu à affronter les questions difficiles quant à sa situation transparlementaire, lui qui est chef du NPD au fédéral et député au sein de la législature provinciale ontarienne; questions difficiles dont on n’a pas fait économie quand il s’agissait de Martine Ouellet. Au final, le NPD s’est effondré dans ce comté et a terminé loin 4e. Le Bloc québécois a mené une bonne partie de la soirée et a terminé en 3e place en quasi égalité avec les Conservateurs qui détenaient ce comté.

Présenter un excellent candidat ne suffira pas, les indépendantistes devront toujours se battre pour chaque pouce de visibilité dans l’environnement politico-médiatique actuel. On leur répondra toujours la même chose, « votre couverture reflète l’importance que vous avez au sein de la députation (10 sièges sur 75 au fédéral au Québec).

manon-masse-gabriel-nadeau-dubois-rimouski

En comparaison, la semaine dernière, deux députés de Québec solidaire se trouvaient à Rimouski. Ils en ont profité pour faire campagne contre Harold Lebel, le député du parti Québécois dans cette circonscription. Vous croyez que Québec solidaire doit se battre bien fort pour attirer les projecteurs quand il fait campagne contre le PQ? Un beau vent de dos. Permanent. Une brise plaisante.

Québec solidaire compte 3 députés sur 125 au Québec. Si la même logique s’appliquait que celle qui prévaut quand c’est le temps d’écarter le Bloc de la couverture média, la visite de QS à Rimouski se serait faite dans l’anonymat, sinon quelques mentions polies. Après tout, on parle ici de la marginalité politique, soit 0,25% des députés au provincial, et 8% du vote en 2014.

S’il est difficile pour le Bloc d’augmenter ses appuis dans l’environnement médiatique actuel qui le défavorise de façon « systémique » en quelque sorte, c’est tout l’inverse qui se produit pour Québec solidaire. Suffit de se remémorer les analyses de couverture médias de chacun des partis politiques lors des campagnes électorales au provincial et au fédéral pour s’en convaincre (comme le fait, par exemple, Influence communication). D’ailleurs, suite à l’élection provinciale de 2014, Félix B. Thiffault de Influence communication analysait :

« Toujours est-il que selon Influence Communication, courtier en informations médias basé à Montréal, le poids médias des partis, c’est à dire l’espace qu’obtient chacun d’eux dans l’ensemble des médias canadiens, est généralement un excellent indicateur des résultats des votes.

Au niveau provincial, en 2014, les chiffres du poids médias étaient à 1% près les mêmes que ceux du résultat des votes. On peut alors se demander si c’est parce que les médias ont l’œil pour représenter dans leurs colonnes ce qui intéresse la population, ou si c’est parce qu’ils influencent les électeurs», indique Félix B. Thiffault, conseiller chez Influence Communication. »

Dans les salles de nouvelles, cette corrélation-là, on la connaît que trop bien…

Scridb filter