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«N’importe qui sauf Harper!» scandait-on! En environnement, l’axe libéral est encore pire…

En matière d’environnement, les « beaux discours vides » de Justin Trudeau ne trompent plus personne…

Le spécialiste des questions environnementales dans le secteur du pétrole et du transport Ross Belot signe un texte très intéressant dans ipolitics sur le « plan environnemental » de Justin Trudeau mais aussi sur ce que proposent ceux qui pourraient aspirer à le remplacer.

C’est que Justin Trudeau, encore devant l’ONU la semaine dernière, est maitre des « grands discours vides » où il répète et colle les unes à la suite des autres de grandes banalités qui sont, essentiellement, vides de sens, de contenu.

Comme en environnement.

Ross Belot aborde son texte de la façon suivante, et ce après plus de deux ans de gouvernance libérale : « comment réussirons-nous à atteindre les objectifs fixés par le gouvernement Trudeau dans le cadre des accords de Paris? Personne n’en a la moindre idée! »

Voici l’explication de l’auteur :

« Le gouvernement Trudeau est maitre dans l’art de jouer avec les mots, mais pas tant quand c’est le temps de passer à l’action. Le premier ministre prononce est habile dans l’art de discourir, et sa récente allocution à l’Assemblée générale des Nations Unies n’a pas fait exception.

Mais quand on analyse de plus près les mots et le contenu, on se demande instantanément : Trudeau dit-il vraiment ce qu’il dit? Il est habile pour décliner les mots. Mais ceux-ci veulent-ils vraiment dire quelque chose?

Certes de forts beaux mots – jusqu’à ce que l’on s’attarde à ce qu’ils ne disent pas. Nulle part dans son discours, Trudeau n’affirme que le Canada s’engagera fermement dans le cadre de l’accord de Paris sur les changements climatiques. Le PM affirme plutôt que le Canada «luttera dans le cadre d’un plan global». Difficile pour lui de dire qu’il se battra pour le plan canadien puisque celui-ci… n’existe tout simplement pas… Nul qui puisse suggérer que le Canada atteindra ses objectifs, en tout cas.

Soyons clairs, ici: ce que le Canada a promis de faire à Paris n’est tout simplement pas possible en ce moment, compte tenu de ce que les provinces elles-mêmes ont suggéré dans leurs perspectives d’émission de carbone jusqu’en 2030. L’Ouest du Canada envisage de rester stable, au mieux. Cela signifie que l’Est du Canada devrait réduire ses émissions de 70% d’ici 2030 pour atteindre l’objectif de Paris. Cela n’arrive pas.

Mais nous allons soutenir les autres pays qui s’engagent à réaliser ce que nous refusons de faire, suggère Trudeau dans son discours. Et en passant! Avez-vous vu mes chaussettes Star Wars? Applaudissements du tonnerre. Que la diplomatie est un art facile. »

Tout dans l’image, on reste sur notre appétit quant au contenu. La gouvernance Trudeau résumée en une phrase.

On notera tout de même que dans son texte, Belot donne une bonne note au plan « réaliste » en environnement du candidat à la chefferie du NPD Guy Caron.

Dans le National Post, Lawrence Solomon, qui dirige le groupe de réflexion environnemental Energy Probe est encore plus cinglant quand il est question du discours de Trudeau sur l’accord de Paris :

« L’accord de Paris est mort. Les climatosceptiques ont gagné. »

Selon Solomon, les dirigeants de la France, de la Grande-Bretagne et du Canada auraient pu épargner leur salive, leurs doléances climatiques à l’ONU étant vaines. Pourquoi? Car derrière les beaux discours de ces dirigeants, la réalité c’est que rien n’est fait pour diminuer l’empreinte humaine sur le climat, bien au contraire.

Se basant, par exemple, sur l’indice de surveillance de l’industrie du charbon, Lawrence Solomon avance que loin de se résorber, cette industrie est en pleine explosion. Extrait :

« Peu de temps après que le président Trump ait annoncé le retrait de son pays de l’accord de Paris, les statistiques du portail Global Coal Plant Tracker ont confirmé que le charbon est en pleine expansion, comme le montrent les plus de 1600 usines prévues ou en construction dans 62 pays. Le champion de cette frénésie du charbon est la Chine, qui compte 11 des 20 plus grands développeurs de centrales au charbon au monde, et qui est en voie de construire 700 des 1600 nouvelles usines, dont plusieurs à l’étranger, y compris au sein de pays à dense population comme l’Égypte et le Pakistan qui jusqu’à maintenant, ne faisaient usage que de peu ou pas de charbon.

Les installations en cours représentent une augmentation phénoménale de 43 pour cent de la capacité de production de charbon, ce qui confirme, en soi, l’argumentaire du président Trump selon qui la Chine et les autres pays du tiers monde se fichent pas mal des initiatives occidentales. Ces pays utilisent les changements climatiques en tant que hochet quand vient le temps de recevoir les généreux subsides des pays riches qui eux, doivent s’approvisionner en énergie couteuse, pendant que de l’autre côté, ces mêmes subsides environnementaux permettent à ceux qui les reçoivent de s’enrichir. »

Loin de donner l’exemple, le PM du Canada entretient plutôt l’ambiguïté en matière de lutte aux changements climatiques. Déjà en campagne électorale en 2015, alors que tout le destinait à gagner l’élection, le PM a autorisé l’un de ses plus proches conseillers (Dan Gagner) à amorcer discrètement des discussions avec la puissante industrie pour la rassurer que son gouvernement, lorsqu’élu, demeurerait un allié et non un adversaire de l’énergie pétrolière.

Le ton était lancé.

Et ne cherchez pas de répit du côté du gouvernement libéral au Québec! Sa servilité aux intérêts des pétrolières et gazières est encore plus grande que ce qui se passe au fédéral. Le PM Philippe Couillard est maitre dans l’art de la confusion environnementale. Il se dore de l’apparat du politicien soucieux de l’environnement pour Anticosti (où il adore se rendre pêcher!), indemnise grassement le partenaire pétrolier qui, le lendemain, se sert de cette généreuse compensation pour occuper la Gaspésie. Courtoisie des changements réglementaires et légaux qu’il faut pour forer à volonté! Drill baby! Drill!

Voilà qui devrait assurer une bonne dose de publicité positive envers l'oléoduc Énergie est!
Voilà qui devrait assurer une bonne dose de publicité positive envers l’oléoduc Énergie est!

« N’importe qui sauf Harper! » scandait-on au Canada et au Québec en 2015. Pourtant, l’axe fédéral-provincial libéral en environnement n’offre rien de mieux, loin de là!

Et ces beaux discours libéraux ne trompent plus personne.

(En passant, message à mes nombreux amis péquistes, si le PQ veut être pris au sérieux en ce qui concerne ses promesses de budget « vert » et son engagement envers la lutte aux changements climatiques, qu’il répudie son appui à ce projet délétère qu’est la cimenterie de Port-Daniel.)

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