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«La SQ n’a rien trouvé»… Trop facile!

Le policier Yves Francoeur n’a pas dit un mot de plus que ce qu’il avait affirmé le printemps dernier concernant des enquêtes qui viseraient deux ministres libéraux, « un toujours en poste et un autre qui n’est plus au cabinet ». Et pourtant, hier, le bal des attaques à sa crédibilité a repris, et de façon véhémente.

C’était attendu. Quand les médias ont publié des informations compromettantes sur le PLQ ou sur Philippe Couillard dans le passé, c’est toujours ainsi que cela a fonctionné. Attaquer le messager, banaliser l’information compromettante. Canadian royalties, Hans Black, Amorfix, Arthur Porter, la SIQ, l’immunité diplomatique des élus libéraux, le fiasco de l’A-13, nombre de témoignages à la CEIC et de reportages de divers médias sur le financement politique et la collusion au PLQ… Toujours la même chose.

Attaquer le messager, banaliser l’info. Et le sempiternel poing sur la table par le PM Couillard.

ÇA SUFFIT! ÇA SUFFIT!

Couillard Ça suffit

J’écoute les analyses des uns et des autres dans les médias « traditionnels » et il me semble qu’on omet trop souvent un élément capital quant aux révélations du policier Francoeur; le contrôle indécent de l’information, de certains éléments de preuve par le parti libéral et la mainmise de ce parti sur des rouages importants du processus d’enquête.

Au final, cela se traduit par une apparente complaisance de la police à son endroit. Et c’est troublant. On n’insiste pas assez là dessus.

Parade attendue, Quebecor sort l’information compromettante et La Presse publie, par la plume de Denis Lessard, la disculpation des élus libéraux visés. C’est presque caricatural. Une autre petite querelle en sous-texte.

L’analyste de La Presse avance que la SQ « n’a rien trouvé » sur les libéraux Bachand et Fournier. Cela ne me surprend pas. À partir du moment où la SQ se voit refuser des éléments de preuves essentiels par le PLQ, à partir du moment où la SQ tient des « cartables » sur divers « sujets d’intérêt qui étaient des hauts dirigeants et des politiciens » afin de faire rapport quotidiennement à la haute direction de la SQ qui elle-même, ensuite faisait rapport au gouvernement…

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Tsé « l’immunité diplomatique » de certains élus libéraux quand les enquêtes de la SQ s’approchaient trop du parti libéral. Je ne suis pas surpris que la SQ ne trouve rien sur Jean-Marc Fournier quand on constate comment fonctionnait (est-ce toujours le cas?) la SQ au moment de ces enquêtes.

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Ça aide aussi quand le PLQ réussit à « protéger » des documents potentiellement très compromettants au sujet de son financement politique. Pire, quand le PLQ est autorisé à faire des recherches parmi les documents saisis à partir de mots clés afin de soustraire ce qui en sortira de l’œil des enquêteurs.

On se croirait dans une république de banane.

Et ensuite, on s’étonne que la Sureté du Québec de « trouve » rien sur Jean-Marc Fournier. C’est que la recherche s’est faite en amont peut-être?

La réaction de Jean-Marc Fournier

Je dois admettre que j’ai été un peu surpris de la réaction de Jean-Marc Fournier suite à la publication de son nom en lien avec les affirmations du policier Francoeur. Diverses sources m’ont indiqué dans le passé que les deux noms que l’on a entendus hier circulaient déjà dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Sans minimiser le choc que peut provoquer un tel raz de marée médiatique, Fournier s’en attendait peut-être un peu.

Qu’il évoque son retrait possible de la politique, qu’il remette en question son avenir en ce sens, voilà qui est un peu surprenant. N’oublions pas que, comme c’est le cas lors de publication de nouvelles compromettantes émanant du coulage d’information, le PLQ et Jean-Marc Fournier en particulier ne connaissent pas l’étendue de la fuite les concernant.

Et le risque que des éléments de preuve soient coulés augmente quand les enquêtes ne vont nulle part ou qu’elles sont bloquées soit par des mesures dilatoires de la part des gens qui sont soupçonnés, sinon, pire encore, par la politisation des acteurs de la police ou de la justice.

Si, chaque fois qu’une enquête vise des élus libéraux (et surtout les plus influents), peu importe la solidité du dossier, jamais rien ne réussit à franchir le stade des accusations, il est évident que ceux qui se démènent pour monter les enquêtes, amasser la preuve seront courroucés. L’information peut être coulée si certains croient que la justice est subordonnée à un intérêt politique.

La politisation de la police et de la justice a souvent été évoquée au cours des dernières années et toute analyse de la situation actuelle qui ne prend pas cet élément en compte est incomplète.

Dans cette situation, à la place de Jean-Marc Fournier et du PLQ je me demanderais en maudit « mais qu’est-ce qui est entre les mains des médias? Sortent-ils tout ce qu’ils ont d’un seul coup? Conservent-ils d’autres informations compromettantes? Quelle est l’étendue de la fuite concernant le financement politique libéral? »

Au final, le parti libéral du Québec contrôle beaucoup trop de rouages capitaux en ce qui concerne les enquêtes sur le financement politique et sur la corruption et la collusion en général pour que les citoyens se contentent d’un simple « on n’a rien trouvé! » Je persiste à croire que si la police et le DPCP étaient complètement libres de toute influence politique, le PLQ aurait subi des dommages au moins aussi importants que le PRO des Lavallois ou Union Montréal.

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(La caricature de l’image en une de dette entrée de blogue est l’oeuvre de l’excellent Jean Faucher)

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