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Autre dur coup pour la crédibilité de l’UPAC…

Explosif. Un des policiers les plus importants du Québec admet n’avoir aucune confiance dans l’UPAC.

Le Journal de Montréal sort l’info aujourd’hui : le président du syndicat des policiers de Montréal Yves Francoeur, lors de sa déclaration fracassante aux médias en avril dernier selon qui des enquêtes ficelées seraient bloquées car elles visent des élus Libéraux, et bien ces deux dossiers visaient Raymond Bachand et Jean-Marc Fournier.

Attendez-vous à une journée où les Libéraux tenteront de discréditer les messagers. D’abord le policier Francoeur lui-même mais aussi ceux qui sortent la nouvelle, soit le bureau d’enquête de Québécor.

Ce que je peux vous dire sans l’ombre d’un doute c’est que la publication de ces deux noms ne surprendra personne dans le cénacle libéral. Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, des élus libéraux, discrètement, sondaient leurs collègues d’autres partis, et même des représentants des médias en qui ils avaient confiance, afin de savoir QUI étaient les deux élus auxquels faisait référence Yves Francoeur.

Les noms de Fournier et de Bachand circulaient déjà. Je doute fort que cela n’ait pas coulé jusqu’au plus hauts échelons du PLQ.

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Toutefois, Philippe Couillard sera forcé de réagir. Un des policiers les plus influents du Québec attaque de front la légitimité du corps de police mis sur pieds par SON parti politique pour enquêter sur la corruption qui vise quasi exclusivement SON parti politique. Un corps de police dont le grand boss est nommé exclusivement par SON parti politique.

Quand c’était Lino Zambito qui disait que Robert Lafrenière, le grand boss de l’UPAC, bloque les enquêtes et protège les élus libéraux, affirmation extrêmement troublante, on attaquait sa crédibilité, on le traitait de bandit, on tentait de discréditer ses dires en rappelant qu’il avait été condamné. Aujourd’hui, Yves Francoeur, un policier influent, met sa crédibilité en jeu en affirmant la même chose que Zambito.

Le timing

Il y a le timing de la sortie de cette nouvelle qui irritera énormément les Libéraux : Quebecor sort ça au jour 1 de l’ouverture de la session parlementaire qui marque la dernière année de ce gouvernement avant les élections. Philippe Couillard espère jouir de cette année pour épandre partout ses bonbons électoraux puisés à même les surplus de ses politiques d’austérité.

Il perd contrôle du message en partant. Après Sam Hamad, l’un des plus proches collaborateurs du PM, c’est aujourd’hui Jean-Marc Fournier qui est visé. Un autre piller. N’ayez crainte, Fournier se battra avec l’énergie du désespoir pour ne pas être tassé. Le problème c’est que ce dernier ne connait pas l’étendue de la fuite quant aux infos qui le concernent sur les enquêtes qui le visent.

Car si des actions étaient sur le point d’être déposées, cette information ne coulerait probablement pas. Mais des enquêtes sont bloquées au DPCP (ou à l’UPAC) et devant l’absence de volonté de procéder, le dernier rempart qui est à la portée de ceux qui font les enquêtes et sont aux premières loges de ces dossiers, c’est que l’info soit connue du public.

Ce que le policier Francoeur affirme est en droite ligne avec ce qu’avait dit un autre haut gradé de la police au Québec, cette fois dans le cadre d’un affidavit sous serment déposé lors d’un procès (affidavit que vous pouvez consulter ici). le Lieutenant Patrick Duclos de la Sureté du Québec avait corroboré les soupçons de nombreux intervenants de la justice et de la police selon lesquels une « immunité » existerait quand vient le temps de s’approcher de députés et ministres libéraux.

Francoeur ajoute sa voix à ces troublantes assertions :

« Aussitôt que les enquêteurs s’appro­chent d’un élu provincial, l’enquête leur est retirée par les boss qui les envoie (sic) enquêter sur autre chose »

Portons notre attention maintenant sur les suites du dossier du 1000 de la Commune mais aussi sur d’autres enquêtes dont on a beaucoup entendu parlé dans le passé et qui ne débouchent jamais. ces dossiers ont ceci en commun qu’ils impliquent des élus libéraux jusqu’aux plus hauts échelons : William Bartlett, la SIQ, St-Constant, Châteauguay…

 

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