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Joueur étoile de la NFL menacé de mort par un policier; « l’égalité n’existe pas en ce pays »

La scène est tout simplement troublante. Le tout se passe à Las Vegas le soir du combat très attendu entre l’irlandais Connor McGregor et l’américain Floyd Mayweather Jr. La ville grouille de célébrités et l’effervescence est partout. Après le combat, alors que centaines de personnes déambulent dans les rues de la ville, un bruit qui ressemble à un coup de feu se fait entendre. Des gens courent dans tous les sens.

Tout commence ici.

« Je vais te faire exploser la tête! »

Le joueur étoile des Seahawks de Seattle Micheal Bennett est en congé et a assisté au combat. Il se trouvera à la mauvaise place au moment. Surtout, à cause de la couleur de sa peau. Bennett est un noir. Et quand il ne revêt pas son uniforme de joueur de la NFL, il est un noir comme les autres.

Bennett en entendant le bruit se met à courir comme tout le monde pour se mettre à l’abri. Un policier le voit faire et décide de l’interpeler. Lui. Dans la foule, le policier choisit toujours le noir. La suite est délirante. Bennett ne résiste pas à son arrestation, il vocifère au policier qu’il n’a rien fait. Le policier réplique en menaçant de lui faire exploser la tête, pistolet bien enfoncé dans l’arrière de la tête du noir.

Un second policier arrive, tout aussi violent. Une scène à faire frémir, et qui trop souvent a mené à la mort de citoyens noirs aux États-Unis.

Cette affaire fera beaucoup de bruit chez nos voisins du Sud. La discrimination raciale est un sujet explosif, surtout dans le contexte où ce pays est mené par un président qui est bien tiède dans sa condamnation des suprémacistes blancs. Un écosystème social lui-même extrêmement tendu.

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« J’ai toujours défendu cette conviction selon laquelle protester est la chose à faire pour défendre la justice sociale. Et c’est pourquoi, résolument, avant chaque parti, je reste assis durant l’hymne national – parce que l’égalité n’existe pas en ce pays et peu importe combien d’argent tu fais, le poste que tu occupes ou combien tu donnes à la collectivité, quand on te perçois comme un nègre, on te traite comme un nègre. »

Micheal Bennett a publié une lettre sur les réseaux sociaux et il a engagé un avocat spécialisé dans la défense des droits civiques. La ville de Las Vegas se retrouvera avec une très grosse poursuite sur les bras.

Aussi, la plus importante ligue sportive des États-Unis, la NFL, devra elle aussi composer avec une énorme patate chaude. Déjà, nombre de joueurs, et pas tous des noirs (récemment, un des joueurs blancs les plus en vue dans la ligue, Aaron Rodgers des Packers, a appuyé son collègue Kaepernick), contestent le bannissement apparent du quart arrière Colin Kaepernick, celui par qui est arrivé un mode de protestation qui irrite nombre de propriétaires d’équipes blancs; Kaepernick fut le premier à mettre le genou à terre pendant l’hymne national des États-Unis en guise de protestation de la discrimination systémique dont sont victimes les noirs dans ce pays, surtout de la part de certains policiers.

Cette agression troublante de Micheal Bennett ne fera que conforter ceux qui protestaient déjà en appui au bannissement de Kaepernick (il est toujours sans contrat dans la NFL en dépit du fait qu’il est plus talentueux que plusieurs quarts arrières qui sont sous contrat). La pression sera forte sur les propriétaires et sur le commissaire afin que la ligue agisse pour accorder toute la latitude à ses joueurs, dont 70% sont des noirs, de recouvrer leur pleine liberté d’expression.

À cet effet, pour ceux qui n’ont pas suivi ce dossier en détail. le très populaire commentateur sportif ( et politique) Stephen A. Smith, fut l’un des plus ardents défenseurs du droit de protester de Colin Kaepernick. Récemment, ce commentateur a critiqué de façon véhémente la confession qu’a faite Colin Kaepernick à un journaliste qui le questionnait sur l’élection de Trump. « Je ne suis pas allé voter » a avoué le joueur protestataire. Ce que le chroniqueur lui a reproché au moyen d’une longue tirade.

Au final, il n’est pas normal qu’un athlète de la trempe de Colin Kaepernick soit puni et banni de la ligue à cause de son droit d’exprimer son indignation face à la ségrégation raciale encore bien réelle dans ce pays. On peut s’attendre à ce que le début de saison dans la NFL soit très politique.

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