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Au royaume des fanfarons, on vous prend pour des cons

La politique québécoise n’est plus que farce honteuse. Une vraie honte. Ne regardons plus vers les plus lointaines contrées où les parlements, les gouvernements, nous font esquisser quelque sourire.

La joke maintenant, c’est nous. Et j’ai honte.

C’est la 15e élection partielle de la présente législature et encore une fois, elle est due à la démission d’un député libéral sur qui pèse de très sérieuses allégations. Cette partielle – dans Louis-Hébert – est un microcosme de l’état de la politique au Québec. Le parti Libéral, sur qui pèse la quasi totalité des soupçons de corruption, de collusion, ce parti Libéral dont le premier ministre actuel fait tout pour se dédouaner du dernier PM libéral, ne trouve rien d’autre à offrir à la population de Louis-Hébert qu’une relique du passé de l’ancien PM corrompu; et comme si ce n’était déjà pas assez gênant, ce candidat-là trempe jusque dans les vestiges des Commandites.

Maintenant que Couillard a donné le go à Tétrault, on ne peut même pas dire… « Ah les pauvres poseurs de pancartes! ». Le cash coule à flot au royaume de l’immobilier Inc. des libéraux. Du cash pour les nacelles qui seront envoyées cette nuit. Des bénévoles?! C’est tellement 2002!

Pour ne pas être en reste, le parti qui aspire à devenir le remplacement des fédéralistes libéraux de moins en moins présentables a tenté, lui aussi, de recruter le même candidat pas présentable. Vraiment, la CAQ sait faire les choses pour se tirer dans le pied. C’est que François Legault s’enorgueillit d’avoir dans ses rangs une procureure importante de la commission Charbonneau, c’est bon pour l’image « éthique ». Ça tombe bien, Legault avait juste à côté de lui quelqu’un qui avait vu passer le candidat pas présentable à la barre des témoins présument corrompus. Cela ne l’a pas empêché d’essayer de pêcher le plus gros poison dans l’espoir que cette prise lui donne le comté. Et qu’importe le passé.

Mais Legault a dû se rabattre sur son deuxième choix. Bof. Il a baisé les attentes. Concédant presque la défaite. « C’est qui donc notre candidat? » Car comme la politique québécoise ne manque pas de baroque, voilà que, saisissant la balle au bond, le 2e choix de Legault profite de la pagaille pour lancer son gros morceau. « Tsé là ma dernière job… Bin c’était pas bin mieux que Tétrault. » Faut croire que la CAQ ne s’était pas donné la peine de trop fouiller le passé de son 2e choix.

Du gros n’importe quoi.

Ce cirque ubuesque fait presque oublier d’autres manchettes troublantes, le tout en seulement 24 heures de politique québécoise; comme ce texte de Denis Lessard qui frôle l’oubli, ou l’indifférence. On le comprendra, il faut avoir l’estomac solide pour s’intéresser à la politique québécoise ces temps-ci. Pourtant, ce que rapporte Lessard est troublant. Un jeu de chaises musicales (à 200 000 $ la place) où les nominations libérales s’arrachent les places les plus convoitées. Tant qu’à tomber dans le ridicule. C’est tellement devenu gênant que le bureau du PM doit intervenir avant que ces Libéraux fastement récompensés pour sévices passés ne commencent à de crêper toupet et chignon.

Vraiment, on nous prend pour des cons.

Allez gens de Louis-Hébert! On vous appelle aux urnes! Bin quoi? Vous n’avez pas le goût?

Commandites, Bastarache, Charbonneau, Chamberland (et je vous épargne la farce monumentale que fut le rapport sur le fiasco de l’autoroute 13, rapport écrit par le seul sous-ministre du MTQ à avoir été blâmé ET par le VG Renaud Lachance ET la juge Charbonneau!)… Tout ça en bien peu de temps. Et y’a comme un fil conducteur là-dedans.

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Madame post-it, un poste créé sous Charest, avait comme tâche d’inonder la haute fonction publique, la magistrature, bref partout autant que possible, de gens dont on savait qu’ils seraient loyaux au système, au parti. Un système basé sur le parti-pris. Tellement, que lorsque un ministre Libéral a voulu faire un peu de ménage dans la soue qui distribue les plus gros contrats, là où coule le plus de sous, la sous-ministre libérale du parti-pris s’est dit qu’elle n’avait pas d’ordre à recevoir du ministre. Sa job à elle était plus importante que ça. Sa job à elle c’était de défendre le système. Comme rien ne se perd au ministère du parti-pris, le PM actuel l’a rapatriée tout près de lui.

Mission accomplie.

On est là dedans. Tellement là-dedans vous ne pouvez pas vous imaginer. Nous n’avons plus de démocratie que le nom. Et je l’écris avec toute la force de la circonspection. Car on ne peut tout dire au royaume du parti-pris. En attendant, le bon PM actuel continue de pouvoir nommer les juges, et le boss de la police anti-corruption, comme dans tous les régimes de fanfarons.

Vraiment, on nous prend pour des cons.

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