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Plus de « racisme », moins de « corruption »!

L’été est déjà bien amorcé, le mois de septembre et la rentrée sont à l’horizon. Dans un an, à pareille date, nous serons dans le vif de la campagne pré-électorale.

Dans les faits, à partir de maintenant, le Québec est déjà sur le chemin des élections de 2018. Le PLQ procède déjà, depuis plusieurs semaines, à des annonces à forte saveur pré-électorale. Les caisses débordent, conséquence des coupures de budgets et de services et de l’imposition de politiques d’austérité drastiques.

L’état a subi une cure d’amaigrissement qui place nombre de ministères au bord de la crise permanente –notamment et surtout celui de la santé, mais aussi le MTQ où rien ne change – mais le PLQ fera tout pour maquiller la situation le plus possible, notamment en faisant pleuvoir des tonnes de fric pour amadouer la population.

Une décennie de corruption, de collusion…

Alors que le Québec se trouvera en état pré-électoral constant pour la prochaine année, il se pourrait bien que les Libéraux réussissent à éliminer complètement des débats publics toute la problématique capitale de la corruption. Si c’était le cas, cette élection ne saurait être pleinement démocratique tant cette question devrait être au centre des débats.

Plus de 45 millions de dollars et plusieurs mois, d’années de commission Charbonneau plus tard, rien n’est réglé et le PLQ n’a pas encore eu à payer de coût politique pour plus d’une décennie de corruption, de collusion et de politisation outrancière de tous les mécanismes de la justice et de la police.

En soi, il s’agit d’un scandale qui dépasse l’entendement.

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On s’imagine déjà l’ire, l’indignation de ces médias qui couvrent à rallonge, quotidiennement, les dérives de l’administration Trump, s’il fallait que le débonnaire président décide de politiser la nomination des juges, du chef de la police, de l’unité anti-corruption dont le plus gros du mandat serait d’enquêter sur son parti, miné par la corruption et dont plusieurs élus sont toujours les mêmes…

Imaginez l’indignation, chaque fois que des infos couleraient sur les mensonges, sur les fréquentations douteuses du président, et son passé éthique infréquentable.

Il n’y aurait pas assez de chemises à déchirer chez Radio-Canada!

Le Québec, en matière de justice, n’a rien à envier aux pires républiques de banane aux dépens desquelles on aimait bien rigoler naguère.

Mais les Libéraux jouissent d’appuis réels au sein des plus grands médias, institutionnels ou pas. On peut passer de la commission politique du PLQ à un poste de direction important dont les fonctions impliquent la haute gestion de la salle des nouvelles.

Ceux qui n’hésitent pas à faire la peau (le plus souvent avec raison, admettons-le) à Donald Trump sont beaucoup plus frileux quand vient le temps d’user de la même vigueur, de la même indignation, aussi librement, quand c’est le moment d’exposer, quotidiennement, sans relâche, les graves scandales éthiques du PLQ, au prix des mêmes ressources que l’on consentirait si c’était Trump ou le PQ.

Jusqu’à maintenant, depuis l’élection de 2014, le parti Libéral s’en tire assez bien merci. La plupart des procès qui auraient pu être problématiques, dommageables pour le PLQ se sont soldés sans qu’il n’y ait divulgation de la preuve. La belle affaire! Des actants de la corruption qui plaident coupables et qui s’en tirent à bon compte (Gilles Vaillancourt, qui était accusé au départ de l’un des chefs les plus graves, soit gangstérisme) pourrait être libre avant noël!), un arrêt Jordan ici, la couronne qui se la joue douce par là (dossier Luigi Coretti).

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Y’a bien le bureau d’enquête de Québecor qui travaille d’arrache-pieds et expose certains faits troublants, mais les médias concurrents refusent la plupart du temps de renchérir, et le PLQ (et ses alliés) tire allègrement sur le messager. Pensons ici à cette révélation scandaleuse qui levait le voile sur les « mots-clés » que le PLQ aurait imposé à l’UPAC afin de tasser, de retirer de l’information incriminante sur ses pratiques de corruption et de collusion.

Changer PLQ pour Trump ou PQ, et cette affaire vire au scandale sans nom.

Le lexique y passe aussi

On apprenait cette semaine que le gouvernement Libéral de Philippe Couillard ajoutait quelques mots à la liste des termes interdits à l’Assemblée nationale.

À un an des prochaines élections, alors que la corruption devrait en être un thème de premier plan, le mot « corruption » fait désormais partie des mots bannis.

Vous ne rêvez pas. Pourtant, le mot « corruption » devrait être un des termes que l’on entend le plus à l’Assemblée nationale; et dans les médias. En fait, la nouvelle liste des termes et mots interdits renvoient le plus souvent aux écarts éthiques du gouvernement :

« complice de l’opacité »
« despote éclairé »
« corruption »
« désinformation (contre Gaétan Barrette! »
« famille libérale »

Pour l’explication complète et le contexte, l’article de Tommy Chouinard ici.

Plus de « racisme », moins de « corruption »

En plaquant leur commission sur le prétendu « racisme systémique » -un joujou électoral mille fois plus explosif que la charte du PQ en passant – en plein dans l’horizon électoral, les Libéraux espèrent que l’environnement médiatique sera beaucoup plus axé sur le « racisme » que la « corruption ». L’été qui s’achève montre que le PLQ trouvera les mêmes alliés que d’habitude au sein de la confrérie médiatique pour faire office de portevoix à cette culpabilisation fallacieuse de la majorité des Québécois.

Une petite prédiction à un an des prochaines élections (à moins que Philippe Couillard ne prenne tout le monde par surprise et choisisse la voix des élections anticipées à partir d’un motif quelconque), si la prochaine élection se joue surtout sur la question identitaire, le PQ, tel qu’il est aujourd’hui, sera en difficulté.

Bonne fin de vacances estivales…

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