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Sondage Mainstreet : la CAQ perd 8 points depuis mai chez l’électorat francophone

C’est chaque fois pareil, le sondage de Mainstreet sur la politique Québécoise apportera son lot de bonnes nouvelles pour tout le monde sauf le PQ. En apparence du moins. Et l’analyse de ce sondeur insistera précisément là dessus.

Cela ne déplaira pas à The Montreal Gazette qui paie le sondage. Y’a même la tête d’affiche du Gazette, l’orangiste Don Macpherson, qui s’en donne à cœur joie. Une tite pointe vers le PQ, ce parti qu’il déteste depuis si longtemps…

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Pourtant, chaque mois, ce sondage montre des incohérences statistiques évidentes. Vous trouverez mes analyses des sondages Mainstreet passés ici.

Par exemple, ce mois-ci, on constate que la difficulté de Québec solidaire auprès de l’électorat non-francophone persisterait. Ce qui, pour un parti qui gagne son pain et son beurre électoral dans la grande région de Montréal, est très inquiétant.

On le constate ici :

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Ainsi, sur les 313 non-francophones sondés, seulement 1% appuierait Québec solidaire (7% si on ajoute les indécis). C’est mince pour un parti qui se doit de gagner des comtés comme Laurier-Dorion par exemple. Aussi, dans aucun segment de la population (géographique ou démographique) QS dépasse-t-il 15% mis à part les 18-34 ans – ceux qui votent le moins où il score 24%.

Malgré tout ça, l’agrégateur de sondages Si la tendance se maintient de l’ami Bryan Breguet pointe QS entre 6 et 12 comtés. Je ne vois pas où il les prend ces comtés là quand QS, même en ajoutant les indécis, ne score que 17% dans le Rest of Québec et 20% à Montréal et les environs. Je veux bien que le vote se divise chez les francophones, mais c’est bien peu pour penser que QS quadruplerait son nombre de comtés. Surtout qu’à Montréal même, les appuis solidaires sont très concentrés au sein de quelques comtés.

Je sais bien que l’échantillon (313) est petit chez les non-francophones, mais n’en demeure que seulement 1% des répondants ont spécifiquement choisi QS. On ne peut l’omettre dans l’analyse, surtout que le pourcentage d’indécis est plus petit chez ceux qui votent le plus pour QS, soit les jeunes. Le potentiel de croissance est donc limité.

Aussi, on remarque que la CAQ verrait ses appuis fléchir dans toutes les tranches d’âge! Sauf chez les jeunes (18-34) ou, étrangement, Legault scorait 32% en mai, 16% en juin et 27% en juillet. Les montagnes russes. Dans l’électorat francophone, la CAQ scorait 35% en mai et a perdu 7 points depuis. C’est quand même surprenant pour un parti qui a le vent dans les voiles.

Ce sondage comporte une partie spécifique à l’électorat montréalais par ces questions qui traitent du fiasco du Centre de santé universitaire McGill. On le sait, François Legault s’est porté à la défense des infirmières du CUSM afin de déposer une pétition pour dénoncer les coupures du gouvernement Libéral en santé et dans ce centre de santé précisément. Le PM Couillard, sentant la soupe chaude, a dépêché l’omnipotent ministre de la santé Gaëtan Barrette devant l’exécutif de comté du PLQ de Westmount – St-Louis afin de calmer les bonzes libéraux. Un privilège que les citoyens de Matane n’auront pas quand il y a rupture de service dans leur hôpital; ça va de soi.

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François Legault a fondé la « Coalition » avenir Québec en scandant que l’indépendance ne devait pas être exclue du débat. De « Coalition » il n’y a plus. Dur à suivre, Legault a longtemps fondé la pertinence de son parti sur le fait que la question constitutionnelle n’était pas une vraie affaire. Elle l’est devenue le jour où Legault a compris que son salut électoral passait par une conversion fédéraliste hard. Il joue aujourd’hui dans les talles de Philippe Couillard en rappelant chaque fois qu’il est devant des micros « non-francophones » que son parti est fédéraliste comme celui de Couillard.

On peut penser que cela le rendra un peu attrayant pour cette portion de l’électorat, mais jamais au point d’ébranler le socle électoral libéral. Le prétendre relève de la mauvaise foi. L’électorat de Legault est beaucoup plus volatile que celui de Couillard. Oublie-t-on que la CAQ a perdu un de ses châteaux-forts lors de la présente législature ponctuée de nombreuses partielles? Oui, le fief de Deltell où la CAQ récoltait aisément plus de 50% des voies est passé au PLQ. L’inverse ne s’est encore jamais produit en dépit du funeste bilan de gouvernance libéral.

En ça, faut être un peu naïf pour penser que le PLQ « fait face à un défi auprès de l’électorat non-francophone » tel que le titre Mainstreet dans son analyse. Voilà un titre qui relève du théâtre bien plus que de l’analyse sérieuse. Philippe Couillard a joué toutes ses cartes pour s’assurer que l’électorat non-francophone soit démesurément bien servi par ce gouvernement. Par exemple, ce qui se passe en ce moment en Outaouais en ce qui a trait au financement des commissions scolaires francophones versus les autres, anglophones, n’est rien de moins qu’un scandale. Mais qui s’en soucie?

En attendant, un rappel essentiel tiré d’un texte d’oleg Iwanyshyn, un spécialiste des enquêtes politiques depuis plus de 40 ans.

Selon lui, le plus gros écueil de tout sondage politique demeure que celui qui sonde est lié et engagé par celui qui publie. Cette relation incestueuse est nocive, surtout quand on sait que ceux qui publient sont le plus souvent, eux-mêmes, inclinés politiquement.

Et quand, de mois en mois, je constate les variations surprenantes –et répétitives – chez Mainstreet, je me rappelle des critiques d’un Iwanyshyn. Je peux déjà vous annoncer que le Mainstreet du mois d’aout sera négatif pour le PQ mais que tous les autres y trouveront quelque chose de positif.

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