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Les histoires de cimetières c’est moins « sexy » quand y’a pas de chicane…

Une histoire de cimetière…

Chaque fois pareil. Une querelle dont le point de départ procède d’un quelconque accommodement « religieux ». Et au bout des charognes qui attendent. Sans nuances. Toujours prêts à balancer leurs accusations déjà toutes faites.

19 personnes.

Quiconque se base sur un référendum qui impliquera au final moins d’une quarantaine de personnes pour créer un amalgame qui rejaillit sur l’ensemble de la province est d’une mauvaise foi crasse. Surtout quand on omet toute considération des enjeux inhérents à l’exercice.

Nous l’avons déjà en d’autres domaines. Être d’accord avec le principe des piqueries supervisées ne veut pas dire que le même citoyen accepterait que cela se passe dans sa cour. Ce n’est pas une mince décision que d’accepter que l’on implante un cimetière – sans égards à la confession ou la forme – à proximité de sa demeure. Cela demande mûre réflexion. Les citoyens de St-Apollinaire étaient placés devant un choix difficile. Ne le nions pas.

Mais ce n’est pas la première fois. Souvenons-nous du référendum à Ahuntsic. La même chose s’était produite. Un changement de zonage, des citoyens qui avaient refusé. Les mêmes qui criaient au « racisme et à la xénophobie » des méchants Québécois de souche! (On apprendra plus tard que les Québécois de souche n’avaient compté que pour moins de 10% des gens qui s’étaient prononcés au référendum d’Ahuntsic, ce faisant, jetant à la poubelle l’argumentaire accusateur d’une Judith Lussier par exemple) Ils sont forts en gorge aujourd’hui pour lancer les mêmes accusations.

Je me méfie des gens qui se basent sur un exercice démocratique comme celui de St-Apollinaire pour créer ensuite un amalgame avec un prétendu « racisme systémique » au Québec. Je pense ici à la réaction (prévisible) de Haroun Bouazzi par exemple. Sur sa page facebook (et ensuite dans une version plus soft dans Le Devoir), cet activiste choisit quelques exemples comme celui de Ahuntsic mais toujours en omettant les beaucoup plus nombreux autres où des compromis mènent à une résolution qui fait l’affaire de tous.

Le CCIQ ne représente que le CCIQ!

Comme à Saint-Augustin de Desmaures par exemple. C’est moins « sexy ». Haroun Bouazzi pointe, bien entendu, à l’implication présumée du groupe La Meute dans le référendum de St-Apollinaire. Il ne dira rien des critiques formulées à l’endroit du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) par nombre de musulmans. Isabelle Porter dans Le Devoir rapportait ceci :

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Rien non plus de Bouazzi sur les liens présumés de ceux qui ont tant poussé pour ce cimetière avec le MAC, succursale des Frères musulmans. Les gorges chaudes comme Xavier Camus non, plus. Toujours qu’un seul côté de la médaille, et une interprétation très inclinée de la chose. Toujours en fonction des accusations qu’ils veulent lancer par la suite.

En somme, ceux-ci – les Bouazzi et les Camus, mais ils ne sont pas seuls – sont le penchant de La Meute de l’autre bord. D’un côté comme de l’autre, on est ici dans l’activisme nocif. Celui qui ne fait qu’exacerber la situation. Celui qui nuit le plus.

J’aurais préféré que l’on réussisse à trouver un compromis, que l’on fasse peser dans la balance que les lieux de sépulture ici sont confessionnels depuis longtemps, qu’il n’y a rien d’outrageant à ce que des gens de confession musulmane demandent la même chose que d’autres confessions religieuses qui font reposer leurs proches selon leurs croyances du temps des vivants. Ça fait longtemps que ça dure. Partout, autour de chez nous, c’est le cas des Protestants, des Anglicans, des Juifs, des Hindous pour ne nommer que ceux-là.

Mais non. 19 personnes. Sur lesquelles on voudrait faire peser toute la supposée intolérance d’une nation. C’est à vomir.

Qu’on instrumentalise ce référendum de moins de 40 personnes pour en faire une manière de condamner, de mépriser toujours les mêmes… « Un projet de cimetière bloqué par quelques xénophobes » a-t-on pu lire dans un journal montréalais. Vraiment, un tel raisonnement si obtus donne la nausée.

Et si on s’attardait un peu à ceux qui ont tout fait pour que s’envenime la situation, ceux qui ont toujours refusé de légiférer dans le sens des consensus qui font honneur à la très grande majorité… Ceux là aussi ont une lourde responsabilité à porter dans le climat délétère qui prévaut actuellement… S’il est un endroit de l’argumentaire d’Haroun Bouazzi que je partage, c’est bien celui-là. Le gouvernement actuel, qui aura gouverné plus de 90% du temps depuis 2003 quand nous serons aux portes des élections de 2018, a eu toute la latitude de légiférer. Majoritaire, tout était à sa portée.

À lui, surtout, de porter l’odieux du pourrissement de la situation actuelle. Et gageons qu’il n’hésitera pas à planter une commission sur le prétendu « racisme systémique » en plein échéancier électoral afin d’exacerber encore plus les tensions. Pourquoi? Car ce sera pour lui payant électoralement.

Et ceux qui déchiraient leurs chemises au vu « du méchant hochet électoral raciste, cette charte du PQ » ne diront pas un mot. Cette fois, ils consentiront. La pureté morale dont ils se réclamaient hier se fendra à l’autel de leur adhésion à l’idéal diversitaire.

Pris en souricière, la majorité écrasante des Québécois qui auraient adhéré à Bouchard-Taylor pour mettre un frein à tout ça…

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