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En matière de justice, le Québec est une république de banane…

Alors que les automobilistes et les autres usagers des routes du Québec s’habituent à la saison des cônes oranges, pourquoi ne pas s’intéresser un peu à ceux qui ont tant profité de les voir installer; les artisans de la corruption typiquement québécoise. Typiquement, dans l’écrasante majorité des cas, libérale.

On apprenait cette semaine que les co-accusés du système de corruption de Laval avaient décidé de plaider coupable. Tous. 13 en tout. Pas un seul procès ne se tiendra, pas de divulgation de preuves.

Un pattern en quelque sorte. La couronne réduit ou abandonne certains chefs d’accusation, les accusés acceptent une peine réduite et hop! Pas de procès. La preuve étant protégée et les dommages collatéraux que pourrait provoquer la divulgation de la preuve pour des actants périphériques sont évités.

Ne doutons pas que ces nombreux procès qui ne se tiennent pas auraient pu embêter plus d’un politicien qui pratique toujours la politique active.

À Laval, on parle de plus de 40 ans de corruption et de plusieurs dizaines de millions floués, volés aux citoyens de cette ville. Et au final, quand on regarde le détail des sentences jusqu’à maintenant, sans être juriste, difficile de dire que les peines sont très dissuasives.

Difficile d’évaluer combien l’ancien maire de Laval a empoché par le truchement de la corruption. Lors de son plaidoyer de culpabilité (du bout des lèvres, il a fallu suspendre l’audience afin que son avocate l’implore de se reconnaître pleinement coupable) Vaillancourt a été sommé de rembourser plus de 8M de $ provenant d’un compte suisse.

Hallucinante fortune pour le maire d’une ville.

Surtout, dans l’entente avec la couronne, Vaillancourt obtenait la promesse de ne jamais avoir à témoigner dans un autre procès. Autrement dit, l’ex maire de Laval, qui a été, pendant plus de 25 ans, un artisan de la corruption tant au municipal que par ses liens avec de nombreux politiciens au provincial, pourra dormir tranquille et n’aura jamais à incriminer ses complices politiques.

En échange, on a abandonné la plus grave accusation de gangstérisme. Une peine de prison de six ans. Mais comme Gilles Vaillancourt a commencé à purger sa peine en décembre 2016 et qu’il se qualifie à la libération conditionnelle au sixième de sa peine, ce champion de la corruption toute catégorie devrait être libre comme l’air avant noël de cette année.

Dissuasif? Permettez-moi d’en douter. Vaillancourt a pris le chemin des cellules en anticipant son retour comme « citoyen pouvant contribuer positivement à la société ». En dépensant peinard les énormes fruits de son règne comme corrupteur en chef de Laval.

Un an derrière les barreaux en échange d’une vie de corruption et de tonnes de fric. Croyez vraiment que cela effraiera la prochaine batch de potentiels corrupteurs libéraux?

Certaines des peines de co-accusés de la corruption de Lava. Dissuasif? Vraiment?
Certaines des peines de co-accusés de la corruption de Lava. Dissuasif? Vraiment?

Et chaque fois la même chose. Les actants du système protègent le système et plaident coupable. On enterre la preuve. Le tout facilité par des sentences qui n’effraient personne.

Reste à voir ce qui se passera avec le procès de l’ex vice PM Nathalie Normandeau. Le tout se déroulera devant juge seul ce qui est loin de chasser le cynisme ambiant vis à vis du système de justice. Le PLQ a politisé le processus de nomination de la magistrature depuis longtemps ce qui jette toujours l’ombre d’un doute sur le processus judiciaire.

Plus d’une décennie de corruption libérale, des milliards partis en fumée, une commission d’enquête qui s’est terminée en queue de poisson, un parti politique corrompu qui ne s’est jamais renouvelé, qui n’a jamais payé le prix de ses actions répréhensibles passées; le même parti politique qui contrôle tous les mécanismes de la justice et des hauts-échelons de la police…

Alors que les Brésiliens s’apprêtent à envoyer un ex président en prison pour plus de 9 ans pour une histoire de condo et de trafic d’influences, ici le PLQ continue de pouvoir nommer le boss de la SQ et de l’unité qui enquête sur la corruption dont il est le principal acteur.

En matière de justice, d’imputabilité, le Québec est une république de banane.

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