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« Racisme » et « vote ethnique »…

Le parti Québécois, ce damné parti « raciste »…

Année après année, on annonce la mort du parti Québécois. On le dit à l’agonie, on prépare l’épitaphe, on organise les funérailles.

Certains chroniqueurs politiques en font une hérésie. C’en est devenu loufoque tant ils reprennent épisodiquement la même rengaine réchauffée, sans gêne, sans même cacher le jupon, ou la mauvaise foi…

(En passant, nombre de partis ici et ailleurs ne rechigneraient d’être à l’agonie comme le PQ qui compte plus de membres que tous les autres partis adverses réunis et qui récolte aussi plus de financement que tous les autres… à commencer par la CAQ et QS…)

Des médias sont ouvertement hostiles au PQ, ils entretiennent des faussetés à coeur de jour à propos de « l’épisode de la charte », comme si cela avait été une grande noirceur… (appuyée par la majorité faut-il le rappeler) afin de marquer au fer rouge cette volonté de la majorité des Québécois de rompre avec le multiculturalisme canadien. Une hérésie pour les médias qui, ouvertement, font de la promotion du multiculturalisme comme dogme inattaquable.

Vrai que ce débat aurait pu être mieux conduit, cela était perfectible. Mais de là à faire de Bernard Drainville un xénophobe-raciste-infréquentable et du PQ un « parti qui porte en lui la bête du racisme »? Voilà qui est si outrageant que ça dépasse l’entendement.

Bernard Drainville ne s’est jamais caché, il a accepté de débattre, d’expliquer son projet. Il l’a soumis clairement à la population. Il aura au moins eu le mérite et le courage de s’attaquer à ce dossier visière ouverte. C’était capital de le faire et, rappelons-le, ça reste à faire. C’est bien ça le pire.

Car depuis l’éclatement de la crise des « accommodements raisonnables » il y a plus d’une décennie, depuis Bouchard-Taylor, depuis le PL60 du PQ, depuis les liberticides PL 59 et 62 du PLQ -conduits dans la plus grande discrétion toujours, et dont l’un, le PL59, aura été battu grâce à la vigilance citoyenne tant le PLQ espérait imposer le tout dans l’indifférence -, le parti qui a le plus gouverné, c’est le parti Libéral. Et il refuse systématiquement de s’attaquer à la question.

Quand, suite à « l’attentat » de Ste-Foy, les partis politiques ont voulu mettre fin à la discorde en s’unissant pour adopter les éléments les plus consensuels des recommandations de Bouchard-Taylor, le PM Couillard a décidé de camper du côté des plus extrémistes sur la question -ce qu’avait refusé de faire Drainville en passant.

Conséquemment, le Québec se trouvera en élections dans 17 mois et il risque d’être déchiré par une commission sur le « racisme systémique ».

Pas celui qui vise la majorité des Québécois constamment comme l’a encore montré l’influente militante de Québec « Solidaire » Dalida Awada par ses remarques racistes envers le PQ. Non. Ce racisme là est permis, voire encouragé. Ça ne compte pas.

C’est que les Québécois non issus de l’immigration, selon ceux qui militent avec acharnement pour instituer cette commission, sont systématiquement « racistes ». Cette nation qui a accueilli l’immigration sans heurts importants depuis plus d’une décennie; une immigration massive en nombre doit-on le rappeler. Au pro-rata de la population, plus de trois fois plus que les seuils en France. Une immigration que ceux qui nous gouvernent ont instrumentalisée afin de faire grossir toujours plus le Canada dans le Québec. Notamment en refusant d’insister sur l’intégration à la société québécoise, son caractère distinct.

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Les fédéralistes comptent depuis longtemps sur l’immigration pour vaincre les aspirations d’indépendance des Québécois.

Il nous faut revenir aux paroles de celui qui commente aujourd’hui de Londres, au nom du Québec, le funeste attentat de Manchester, l’ex ministre libéral Christos Sirros qui en appelait ouvertement déjà, suite au référendum de 1995, à faire usage de l’immigration massive pour rendre impossible dans le futur toute velléité d’indépendance.

Raciste ça? Non, tout à fait légitime.

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Revenons-en aussi aux insultes racistes et méprisantes de Denis Coderre envers le Québécois d’origine chilienne Osvaldo Nùnez. C’est que cet immigrant là avait enfreint la loi non-écrite; le Québec devrait accueillir tous les immigrants du monde à condition que ceux-ci ne grossissent jamais les rangs des séparatistes. Coderre avait publiquement évoqué le souhait que ce traitre soit « déporté ».

Raciste ça? Non, tout à fait légitime.

Et que dire du traitement réservé au grand Jacques Parizeau qui, dans un moment charnière de notre histoire collective, avait osé cette vérité qui devait demeurer cachée : « à cause de quoi au fond… l’argent et des votes ethniques ». Parizeau savait compter. Pourtant, jusque dans la tombe on lui aura reproché d’avoir dit la vérité.

Aujourd’hui, une députée de l’Assemblée nationale du Québec, co-cheffe porte-parole de son parti, peut ouvertement blâmer espérer prendre le pouvoir en s’appuyant sur le « vote ethnique ».

Quelqu’un s’est-il indigné dans la caste médiatique? Où étaient ceux qui souillaient l’épitaphe de Parizeau hier encore pour lui rappeler sa « déclaration de 95 » afin de s’indigner de la déclaration de Manon Massé?

Dans le Québec d’aujourd’hui, celui où les paramètres de ce qui moralement acceptable sont fixés par ceux qui tiennent mordicus à imposer un idéal « diversitaire » à la société québécoise, il est tout à fait acceptable de répéter ad nauseam que le Québec est « raciste », que « l’épisode de la charte » est analogue à d’autres grands épisodes racistes dans le monde, qu’il est normal et préférable de défendre toutes les identités du monde sauf la nôtre, et que les élections peuvent se gagner en privilégiant le « vote ethnique » mais… gare à celui qui oserait toucher de près ou de loin aux arguments identitaires québécois! Cela équivaudrait à « souffler sur les braises de l’intolérance… »

Le Québec n’est pas parfait, mais il n’est pas plus « raciste » que toute société comparable. Le Québec fait sa part, il a accueilli énormément au cours de la dernière décennie, et il l’a fait au mieux en fonction de la situation particulière qui est la sienne. Le tout dans une paix sociale qu’envieraient nombre de pays qui, eux aussi, accueillent aussi massivement que le Québec.

En fait, le Québec a tant accueilli que les gouvernements provinciaux dorénavant se feront, semble-t-il, en fonction du « vote ethnique ». Ce segment de l’électorat que les sondeurs anglophones au Québec nomment « non-francophones » tant son vote diffère de la majorité francophone.

Mais gare à celui qui oserait s’en indigner! Ce damné raciste…

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