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Québec solidaire enterre la convergence… Tant mieux!

Voilà, c’est fait. Personne n’est surpris, les militants Solidaires réunis en congrès aujourd’hui ont fait de leur dimanche après midi une longue séance de défoulement anti « charte », anti Lisée, anti laïcité.

Sans surprise, le projet de convergence, ou même d’alliances ponctuelles, a été enterré pour de bon.

Et c’est très bien comme ça si vous voulez mon avis.

Après ce que j’ai entendu aujourd’hui, cet espèce de défoulement de mauvaise foi trop souvent, d’attaques contre ceux qui, prêt à reconnaître que le débat fut plus qu’imparfait sous le PQ quant à la laïcité, demeurent tout de même de gauche et pro laïcité. Je notais cette semaine à quel point le discours d’un Cormier-Denis, chef du parti Indépendantiste (PIQ) et candidat dans la partielle de Gouin, me semble délétère et nuisible pour la cause indépendantiste tant il fomente la confrontation.

À l’autre bout du spectre de ce débat, il y a le discours des diversitaires radicaux, et ils sont légion chez QS. Leur discours est tout aussi imbuvable, nuisible, que celui de Cormier-Denis. Que cette bande de fêlés du bocal pseudo-inclusif réussisse à mettre fin à tout espoir de convergence n’est pas surprenant, nous sommes ici dans les extrêmes desquels la vaste majorité des citoyens du Québec ne veulent rien savoir.

À partir de maintenant, GND et Manon Massé pourront étrenner leur discours diversitaire au quatre coins de l’île de Montréal, peut-être un peu autour, mais au delà, la gauche se heurtera à cette allergie qu’a la majorité des Québécois envers ce discours moralisateur, inquisiteur aussi tant il rend impossible toute discussion, tout débat.

Manon Massé pense que son parti peut battre seul le parti Libéral en s’adjoignant le « vote ethnique ». Cette seule phrase en elle-même aurait dû susciter le même type de réaction que celle de Parizeau le soir du référendum de 1995. Mais non, dans le Québec actuel, celui où l’on fixe les règles de l’acceptable en fonction de l’impératif d’une conception très réductrice de la « diversité », ce dogme, il est tout à fait acceptable de clamer haut et fort que le clientélisme politique ethnique, c’est bien!

L’appui à la laïcité post débat sur les accommodements raisonnables et surtout lors de la présentation du PL60 par le PQ atteignait près de 80% en région au Québec. Bien au delà du clivage constitutionnel, les Québécois tiennent à ce que leurs institutions soient laïques. QS a choisi d’épouser la vision étriquée des Libéraux. Quand Philippe Couillard lancera sa commission sur le racisme systémique, il pourra compter sur les Solidaires pour l’aider à organiser cette grande inquisition de la nation « raciste ».

Non, vraiment, de ce Québec solidaire là, je ne veux pas plus que la gang du PIQ. Subsiste une énorme place entre les deux pour rassembler. Soit dit en passant, ceux qui reprochent au PQ d’être indépendantiste et de ne pas causer assez d’indépendance, vous aurez été servi en la matière en fin de semaine au congrès des Solidaires!

Ce que je comprends aussi de la décision prise par QS aujourd’hui c’est que l’horizon politique de 2018 n’est pas le leur. Si par magie (dans le sens de pensée magique), QS parvenait à parvenir au pouvoir suite à l’effet de vague, tsé comme dans Vague orange, tant mieux, mais de façon plus réaliste, l’objectif premier des Solidaires sera que l’élection de 2018 élimine d’emblée le parti Québécois.

Quitte à se taper une autre majorité Libérale. On l’a entendu encore en fin de semaine celle-là. PQ = PLQ de toute façon. On l’a entendu encore pas mal.

Toute personne de bonne foi conviendra que Lisée ≠ Couillard, que Hivon ≠ Vallée, qu’avec Bérubé on est à des années lumières de Coiteux, que Cloutier est l’antithèse du caquiste-Libéral Sébastien Proulx, etc.

Mais cette gauche là ne cherche pas à trouver des chemins de convergence, elle ne cherche pas à miser sur les éléments qui puissent faire compromis. Non.

Cette gauche là cherche à avoir raison.

Faque, bras d’honneur au « PQ néolibéral, raciste, xénophobe, conservateur identitaire! »

La plus grande erreur stratégique là dedans pour ceux qui espéraient que QS saisisse la chance de grandir son influence sur la politique québécoise, c’est de penser qu’une fois parti le PQ –si (et c’est un grand et très hypothétique si) cela devait arriver – tout à coup la très grande majorité des votes péquistes atterriraient vers QS.

Aujourd’hui, QS vient de s’aliéner ce vote là, pour très longtemps à mon avis. Désolé – et pourtant c’est ici un ancien candidat de la gauche qui tient le clavier, qui a toujours le cœur à gauche tout en étant résolument indépendantiste – Québec solidaire n’aura pas mon vote. Ni maintenant si j’étais dans Gouin, ni en 2018, ni après.

Mon message à mes amis d’Option nationale, si j’étais dans Gouin, j’appuierais Vanessa Dion. Pour autant que ce parti résiste à la tentation d’être avalé par les Solidaires. C’est d’ailleurs pour créer une option politique commune post-PQ que certains voient cette fusion d’un bon œil. Auquel cas, toujours très hypothétiquement, il y aura place à la fondation d’une nouvelle option politique.

Très hypothétiquement. Doit-on rappeler que les mauvais sondages n’ont pas empêché le PQ de dominer outrageusement le financement politique, que les articles annonciateurs de la fin du PQ à quelques jours des cinq dernières partielles ne se sont pas traduits par l’effondrement du PQ mais bien par la consolidation de ses acquis, notamment dans un terreau fertile pour la CAQ à St-Jérôme. Et que dire de la débandade caquiste à Chicoutimi… Comme quoi le « nationalisme de pacotille » du Québec fort dans un Canada uni, quand on le soumet aux urnes, ne trompe pas la majorité…

Ne rangez pas le PQ trop loin, cette décision de QS pourrait bien lui redonner des ailes.

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