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Les appuis du PLQ explosent en région! Effet GND? QS dernier chez les jeunes!

Je m’étais juré de ne pas commenter le dernier sondage de la firme canadienne Mainstreet pour le compte du journal anglo-montréalais The Gazette.

J’ai menti.

Le titre de cette entrée de blogue reflète le type de manchettes qu’aurait dû produire la première lecture des données de ce sondage Mainstreet. C’est juste là, surprenant, incohérent…

C’est que l’ami Bryan Breguet, dont j’admire le travail d’analyste de sondages, poussait fort le café dès le petit matin pour assurer que la firme Mainstreet était plus fiable, mettons, que CROP. J’ai souri. Lors des dernières élections en Colombie-Britannique, Mainstreet a livré la marchandise par l’exactitude de ses données, c’est vrai.

Mais sonder au Québec est une autre paire de manches. Une nation dans la nation, avec ses disparités régionales, linguistiques, socio-démographiques. N’y arrive pas qui veut. Et il faut investir beaucoup dans la construction d’un panel représentatif des caractéristiques propres à la province de Québec.

J’ai donc abordé le Mainstreet de mai de la même façon que je le fais pour tous les sondages, en consultant l’analyse détaillée publiée par le sondeur. On trouvera cette analyse ici.

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Un festival d’incohérences

Dès le départ, à la première lecture des données statistiques, quelques incohérences me sont apparues. Si surprenantes qu’elles me faisaient sourire. En voici une liste non-exhaustive :

L’appui au PLQ de Couillard serait plus élevé en région qu’à Montréal.

Le PLQ serait près de 10 points plus populaires que QS et le PQ chez les 18-34 ans.

QS dernier chez les 18-34 ans ex-aequo avec le PQ alors que la CAQ score 12 points de plus dans la même tranche d’âge.

25% d’appuis chez les Francophones pour le PLQ et 33% d’appuis pour le PLQ en région?

Wow. Juste wow.

En avril, avant la médiatisation excessive des scandales éthiques libéraux, l’appui du PLQ en région selon la même firme de sondage était de 20% avant la distribution des indécis.

Un mois plus tard, toujours englué dans le marasme éthique quotidien, le PLQ aurait gagné plus de 10 points dans ce segment de l’électorat.

Permettez-moi d’en douter.

Quand j’ai soumis ces incohérences sur quelques publications dans mes réseaux sociaux, Breguet a admis d’emblée que tout ça était surprenant en attribuant le tout aux échantillons de groupe.

Justement, la qualité et la fiabilité d’un sondage tiennent précisément à la capacité du sondeur de construire des échantillons de groupe qui écartent de telles incohérences.

Si vraiment le PLQ de Couillard voit ses appuis exploser plus il est englué dans les scandales éthiques, alors pourquoi s’en prendre au bureau d’enquête de Québecor? Le parti Libéral devrait plutôt les encourager à déterrer encore plus de leurs actions répréhensibles du passé!

Ça ne tient pas la route, bien entendu.

À l’évidence, sonder en Colombie-Britannique et le faire au Québec commande des repères méthodologiques différents.

Les analyses bâclées

Parfois je me demande si ceux qui sont sur toutes les tribunes pour « analyser » la politique au Québec se donnent la peine de lire ce que les sondeurs écrivent sur leurs propres enquêtes. À moins qu’entre le plateau de La Joute et celui d’une radio parlée de Québec, le temps manque…

Toujours est-il que toute analyse un tant soit peu sérieuse d’un tel sondage mériterait que l’on pointe ces incohérences. Je n’ai entendu personne féliciter le PLQ d’avoir vu ses appuis en région exploser! Pourtant, c’est juste là, à la première lecture des données.

Non. Les « analystes » semblent s’arrêter aux chiffres généraux des appuis par formation politique afin de produire ensuite des analyses qui répondent à leur humeur du moment, des analyses qui, au final, s’appuient sur des données pour le moins douteuses.

Sinon, on aurait pu lire que l’effet GND chez QS s’estompe chez les jeunes, cette formation politique étant dernière dans cette tranche d’âge. On aurait lu aussi que la CAQ, bien qu’en tête dans le sondage, et bien à 9% chez les « non-francophones », elle a toute une pente à remonter pour séduire cet partie de l’électorat.

Non. On a péroré sur les difficultés du PQ. Là-dessus aucune réticence. Est-on allé plus loin dans l’analyse des données pour les autres formations politiques?

Si on l’avait fait, on aurait remarqué que Mainstreet, qui pointe chaque mois les appuis politiques des partis au Québec, a placé quatre fois sur six le PQ en haut de la barre des 30 points. Peut-être cela n’est-il pas étranger au fait que le PQ récolte plus de dons que tous les autres partis réunis? Pour une formation politique qui se meurt… Surtout que pendant ce temps, la CAQ est loin dernière à ce chapitre.

Mais ça n’intéresse personne. C’est trop long, et fastidieux, que de vérifier les faits, que de lire dans le détail ce que raconte le sondage du jour qu’on est appelé à commenter.

Et surtout, ça pourrait réfuter le propos qu’on entend tenir…

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