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Anne-Marie Dussault « doute » trop selon Robert Poëti…

Ça c’est du bonbon. Il semble bien que Robert Poëti, loin d’être en crisse que son propre parti s’amuse à mettre aux enchères son siège à l’Assemblée nationale, ait plutôt décidé de s’enfoncer comme jamais dans la mauvaise foi toute libérale. Comme son collègue Jean-Marc Fournier, dont on peut voir la dernière représentation de mauvaise foi politicienne de calibre olympique ici, Robert Poëti a décidé de s’attaquer aux médias afin de trouver une porte de sortie du marasme dans lequel se trouve le PLQ.

Sa cible, en pleine Assemblée nationale, rien de moins, la journaliste Anne-Marie Dussault. Voilà qui permet aussi de comprendre la vision de travail des médias selon cet ex policier. Vraiment c’est du bonbon… de mauvaise foi.

Robert Poëti répond au député caquiste de La Peltrie Éric Caire qui l’avait questionné sur les nominations partisanes libérales et la procédure post-it d’une Violette Trépanier qui soumettait les candidatures en fonction d’un tri serré : fédéraliste et libéral? Go. La question était tout à fait légitime.

Incapable de défendre l’indéfendable, Poëti s’insurge que le député Caire « attaque les gens sur leur nom », manière malhabile de prêter au député Caire d’attaquer les personnes et non la situation de la nomination, beau sophisme. Et pour appuyer ce sophisme, Poëti juge à propos l’exemple de Anne-Marie Dussault :

« Quand j’entends le député parler comme ça, savez-vous à quoi ça me fait penser? Anne-Marie Dussault. Son émission 24/60 et les publicité qu’on a. Notre métier à nous c’est de douter. Ça c’est le mandat que madame Dussault se donne tous les jours à la télévision, notre mandat c’est de douter M. le président. Pas de valider les informations, pas de les confirmer, j’espère qu’ils le font, mais de dire que c’est de douter, […] c’est ce que j’entends du député de La Peltrie, mais douter là… on ne peut pas douter tout le temps. »

D’abord, il faudrait explique au député Poëti la différence entre l’information et une émission d’affaires publiques. Il y a une différence entre Anne-Marie Dussault et Céline Galipeau. Cela semble au delà de la compréhension du député Libéral. Mais là où ça dérape, c’est quand le député établi clairement qu’il abhorre le « doute » comme fonction essentielle du journalisme. On croirait entendre un de ces parlementaires de républiques de bananes qui limoge ou ferme l’ensemble de la télé d’état quand elle ose mettre en doute les propos qui émanent du pouvoir.

Faudrait aussi expliquer au député Poëti que le « doute » en journalisme est non seulement essentiel et nécessaire, c’est un rempart vital de toute société démocratique quand le pouvoir dérape et qu’il décide de s’adjoindre tous les pouvoirs de nominations en ce qui a trait à la justice et à la police; ce qui a pour effet de miner la confiance des citoyens dans cette institution capitale. Faudrait expliquer au député Poëti que sans le « doute » en journalisme, pas de Watergate, pas de scandales des Commandites, pas de commission Charbonneau, pas de fin de régime honteux pour Gilles Vaillancourt à Laval, etc.

Robert Poëti devrait comprendre ça. Mais le policier d’alors se trouve aujourd’hui du côté des bandits. Et c’est pathétique de le voir défendre ceux qui, derrière, continuent à le mépriser. Un député loyal jusqu’à l’excès.

Cette chute de Poëti est à l’image de ce régime libéral qui pourrit à vue d’oeil, c’est pas très beau à voir…

Petite note en terminant, j’écoutais hier l’analyste Denis Lessard de La Presse au micro de Michel C. Auger, en fin de chronique politique, alors que d’un ton dépité (vraiment, ce ton à la radio, c’est lourd) il pointait vers « les révélations de Québecor » qui embêtent le parti Libéral de Philippe Couillard. Voilà aussi une façon d’attaquer le messager, manière de dédouaner un peu le PLQ. Quand La Presse sort une de ses nombreuses exclusivités, réfère-t-on automatiquement à « Gesca »?

Faudrait plutôt pointer ceux qui refusent de traiter des révélations troublantes de l’équipe d’enquête mise en place par le journaliste Antoine Robitaille uniquement car c’est Québecor qui publie le tout. Ce sont ceux qui font tout pour éviter de parler des dérives éthiques du PLQ qui font de la politique journalistique, et non l’inverse.

 

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