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L’eau se retire, mais le PLQ a encore les deux pieds dans le marais…

Il n’y a pas de fond à ce gouffre éthique libéral. Plus d’une décennie de corruption, de collusion, certes, mais aussi de politisation des institutions et de népotisme aussi, à la police dans les échelons supérieurs. Manifestement, au PLQ, tout a été planifié afin de masquer et de brouiller le plus de pistes possibles en ce qui a trait aux pratiques douteuses de financement occulte, d’octroi de contrats et qui sait encore…

Au cours des 48 dernières heures, voilà que les Libéraux pourraient bien avoir été forcés de dévoiler l’une des pièces maîtresses de cette stratégie de «brouillage de pistes» qui n’aurait pas été possible, semble-t-il, sans une certaine complaisance du côté de la justice.

Je reçois, tôt mardi dernier, un communiqué de presse signé par le directeur des communications du PLQ Maxime Roy, qui débutait comme ceci :

« En toute transparence et compte tenu de l’actualité récente… »

L’objet du communiqué? Le parti Libéral du Québec est coincé, pris les culottes baissées, et il doit émettre à la hâte un communiqué pour admettre (le communiqué dit plutôt faire la mise au point suivante) qu’un protocole d’entente existe depuis novembre 2014 entre le PLQ et le DPCP suite à une saisie de documents faites par les policiers dans les locaux du PLQ en juin 2014.

Comme l’expliquera le journaliste Antoine Robitaille dans le cadre de sa chronique politique chez Benoit Dutrizac, la « transparence » n’avait rien à voir dans le communiqué du PLQ! Le parti des Charest, Moreau, Couillard et autres artisans des dérives éthiques qui accablent le Québec depuis plus d’une décennie a été forcé d’émettre le communiqué suite à une demande d’information faite par le bureau d’enquête de Québecor qui allait publier l’affaire et, encore, embarrasser le gouvernement en dévoilant un morceau de plus de tout cet échafaudage de copinage entre le parti au pouvoir et l’institution de la justice.

Ainsi, quand Philippe Couillard tente de faire croire à la population que ce communiqué « est l’exemple de l’excellente collaboration entre son parti politique et les policiers », il ment effrontément aux Québécois.

Comme Jean-Marc Fournier, qui n’en finit plus de faire un fou de lui. En pleine Assemblée nationale, il a sciemment confondu les parlementaires en affirmant que la liste des 41 mots-clés soumise au DPCP pour analyser les documents saisis dans le cadre de la perquisition des policiers avaient été établie par la Sureté du Québec.

 

Fournier, penaud, a dû se rétracter dans la soirée et admettre qu’il avait menti. Ce n’est pas la SQ qui avait établi la liste des mots-clés mais bien le PLQ; preuve manifeste que ce parti politique tenait à tout prix à écarter certains documents hautement compromettants quand cette liste de mots-clés comporte les termes comme fraude, manœuvres électorales frauduleuses, constats d’infraction, financement, solliciteurs et des noms comme Violette Trépanier, Joël Gauthier…

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Depuis quand les gens chez qui la police perquisitionne réussissent-ils à imposer de telles directives à ceux qui administrent la justice? Toute la question de la proximité indécente entre le parti politique par qui passe l’essentiel de la corruption d’un côté et la magistrature, l’UPAC, les hauts échelons de la SQ de l’autre côté ne fait qu’ajouter à la méfiance des citoyens et au cynisme de ceux-ci envers l’indépendance de la justice.

Et c’est très grave. Qui croit encore que le parti Libéral n’est pas intervenu auprès du DPCP? De l’UPAC? De la SQ? La semaine dernière le commissaire de l’UPAC s’évertuait à jurer que son organisation était exempte d’influence politique; et voilà que non seulement les enquêtes – qui visent le sommet de ce qui n’a plus l’allure de parti politique mais bien d’une organisation criminelle – n’aboutissent pas, on apprend que ceux qui sont visés par la police ont le loisir d’éplucher les documents perquisitionnés en fonction de mots-clés qui leur permette de faire le tri de ce qui pourrait être hautement incriminant!

L’opposition a beau questionner et talonner le PLQ, elle demeure divisée et devant la perspective que rien (cela en soit mine nos institutions démocratiques) n’arrivera à effriter le vote captif libéral chez les anglophones et allophones, il faudra que le PQ, la CAQ et QS trouvent un moyen de tout faire pour que le PLQ ne soit pas reconduit au pouvoir.

C’est absolument capital.

Chaque parti politique a tassé du revers de la main, à un moment où un autre, la perspective d’une alliance électorale pour vaincre le PLQ. Je comprends que la CAQ ne soit pas trop entichée à l’idée d’une alliance sur fond de réforme démocratique. Pourtant, s’il existe un point, un seul, mais solide, sur lequel tous ces partis peuvent s’entendre, c’est bien celui de la recherche de la vérité en ce qui concerne la plus d’une décennie de corruption et de collusion libérale.

En fait, ce qui pourrait unir l’opposition, c’est la volonté de nettoyer complètement tous les échelons de la justice; dépolitiser complètement la SQ, l’UPAC, le DPCP, mais aussi le MTQ. Tout faire pour s’assurer qu’aucune obstruction ni interférence ne soit possible. Pas « d’immunité diplomatique », pas de parti au pouvoir qui, majoritaire, réussisse à nommer les juges, les boss de la SQ, de l’UPAC et les hauts fonctionnaires au MTQ, qui eux aussi brouillent les pistes.

Assez de ça. Il en va de la confiance des citoyens en la justice, et envers leurs institutions en général. Cela devrait se superposer aux intérêts partisans des uns et des autres. Car si le passé est garant de l’avenir, quand les limiers ont fait le ménage en politique municipale, les partis politiques corrompus n’ont pas survécu. Ni à Laval, ni à Montréal. Il est plus que temps que le même ménage soit fait au niveau provincial. Sans entraves.

Voilà ce qui devrait traverser l’esprit de tous les citoyens lors des prochaines élections.

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