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Québec solidaire et le clientélisme politique ethno-religieux…

L’image de la coqueluche de la gauche Solidaire qui pose avec les « sisters », à la manière de Justin Trudeau, a beaucoup fait jaser. Le clientélisme religieux racoleur à son meilleur. Le prochain co porte-parole de la gauche apprend rapidement à devenir un politicien comme les autres. C’est stupéfiant à quel point cette transformation s’est opérée rapidement.

Et pourtant, ce clientélisme politique qui vise des collectivités religieuses ou ethniques bien spécifiques ne devrait pas surprendre, c’est devenu la norme dans ce Canada « post-national » où chaque collectivité existe, semble-t-il, à côté de l’autre. On se souviendra de débonnaire Denis Coderre qui ne s’était même pas embêté de dorer la pilule alors qu’il rencontrait des gens de la communauté juive hassidisme. On était dans le chantage politique pur jus.

« Si vous voulez mon amitié, mon appui, ne divisez pas le vote. Je n’ai pas besoin de division. Je me bas présentement contre la charte des valeurs parce qu’elle divise les gens, c’est une diversion. Vous n’enregistrez pas? »

Eh bien oui… c’était enregistré cette conversation là. C’était en 2013 alors que débonnaire Coderre faisait campagne en racolant aux portes des diverses communautés ethniques et religieuses. Une spécialité des Libéraux provinciaux et fédéraux qui cultivent ainsi leur vote captif non-francophone au Québec.

Sauf que tant au Québec qu’au Canada, les adversaires des Libéraux ont appris la leçon et refusent de laisser ce segment de l’électorat au parti Libéral. Ainsi, le clientélisme politique ethnico-religieux s’est développé, s’est étendu. Le parti Conservateur du Canada y a beaucoup travaillé, notamment par les efforts soutenus de l’ex ministre Jayson Kenney qui s’en fait une spécialité et qui a développé un réseau d’influence important au sein des communautés Sikhs notamment.

Plus récemment, le candidat à la chefferie du parti Conservateur du Canada Maxime Bernier s’est adjoint l’appui d’importants leaders des communautés Sikhs et Tamouls en Ontario, des organisateurs électoraux qui entrainent avec eux des appuis électoraux importants. Babu Nagalingam et Sri Vallipuranathar, les deux organisateurs en question, ont vendu des dizaines de milliers de cartes de membre pour le compte de Patrick Brown, un candidat à la chefferie du parti Conservateur provincial en Ontario. Ce dernier a remporté la chefferie. Maxime Bernier espère faire de même, et l’appui de ces leaders ethniques vaut son pesant d’or.

Au Québec, certains leaders des collectivités ethno-religieuses sont très engagés politiquement. Ils cultivent leurs alliances et leur appui politique en échange de l’assurance que ceux qu’ils appuieront défendront leurs intérêts. En 2014, le Conseil musulman de Montréal a publié un guide complet destiné aux musulmans du Québec dont le but était de « barrer la route au parti Québécois et à son projet de laïcité ».

Il ne faut donc pas se surprendre que ceux qui espèrent battre le parti Québécois tentent de s’adjoindre l’appui des leaders de cette communauté. Car l’héritage de plus d’une décennie de tergiversations et de refus d’agir du parti Libéral du Québec en matière de législation sur le « vivre-ensemble », sur les accommodements raisonnables et sur la laïcité des institutions font en sorte que les élections de 2018 seront encore fortement chargées par ces questions.

Des partis comme le PLQ et Québec solidaire se positionnent politiquement en fonction de cet axe et ce faisant, cultivent des alliances électorales. C’est précisément ce que fait Gabriel Nadeau-Dubois comme figure de proue de la gauche « diversitaire » et « inclusive-auto-proclamée ». Il sait aussi fort bien que parmi les gens avec qui il cultive les alliances électorales, certains ont juré de se battre contre la laïcité, et surtout, bec et ongles, contre le parti Québécois.

Comme le rappelle la sociologue et animatrice Marie-France Bazzo dans un texte ce matin, nul doute que ces questions seront au centre de la prochaine campagne électorale.

Philippe Couillard, maître dans l’art d’accuser tout un chacun de « souffler sur les braises de l’intolérance » dès qu’on ose questionner le dogme multiculturaliste et l’idéal diversitaire trudeauien, s’assurera que le Québec soit plonger dans ce débat en plantant sa commission sur le prétendu racisme systémique en plein dans l’horizon électoral.

Lui qui hurlait que le PQ faisait de sa « charte » un hochet électoral.

Québec solidaire n’a pas l’intention de manquer sa chance de participer de plein pied dans cette instrumentalisation du débat sur le « vivre-ensemble ». Cette gauche diversitaire qui n’arrivait plus à trouver d’épithètes assez forts pour s’indigner du PQ et de sa « charte » en 2014 sera aux premières loges de la récupération politique du prétendu « racisme systémique » en 2018.

Ne suffit de regarder comment les acteurs politiques se positionnent présentement pour comprendre où l’on s’en va avec ça en vue de la prochaine élection…

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