lino_zambito

Coup de grâce à l’UPAC? Au DPCP? Révélations explosives de Lino Zambito…

Notez cette date à votre calendrier. Le 4 avril 2017, le témoin vedette à la commission Charbonneau Lino Zambito a dévoilé de l’information qui pourrait faire très mal au parti Libéral du Québec mais aussi à la crédibilité de l’UPAC et du DPCP. Il a choisi la tribune de Benoit Dutrizac pour le faire. On peut écouter l’intégrale de l’entrevue de Zambito ici :

En gros, Lino Zambito dévoile la tenue de deux événements de financement (en 2003 et en 2005) du parti Libéral du Québec sous Jean Charest au cours desquels des centaines de milliers de dollars en argent comptant auraient été amassés et manipulés au vu et au su, notamment, de la garde rapprochée du PM Charest, on parle ici d’agents de la Sureté du Québec. Zambito affirme avoir en mains des preuves tangibles de ce qu’il avance et on se doute bien que l’homme ne le ferait pas si ce n’était pas le cas.

Toujours selon Lino Zambito, la firme engagée pour manipuler l’argent cash amassée lors de ces événements de financement illégal (notamment celui de 2005) était nulle autre que BCIA, de Luigi Coretti, un proche du PLQ à l’époque. Les agents de cette firme auraient même fait transiter le cash par l’auto de fonction du PM Charest lui-même! Zambito affirme avoir obtenu le témoignage de Coretti lui-même qui était présent à l’événement de 2005 et qui aurait été témoin des faits allégués par Zambito.

Ça dépasse l’entendement.

Zambito affirme avoir lui-même produit et livré à l’UPAC de la documentation hautement incriminante pour le parti Libéral du Québec, dans certains cas depuis presque un an et demi et que c’est devant la manifeste volonté du corps de police anticorruption de mener à terme toute enquête qui puisse être dommageable pour le PLQ que celui-ci décide de déballer son sac en public aujourd’hui. On se rappellera que Zambito a accusé l’UPAC, son commissaire Robert Lafrenière notamment, d’être en contact constant avec le bureau du PM Couillard. Gageons que la ligne doit être très occupée aujourd’hui!

Lors de l’entrevue avec Benoit Dutrizac aujourd’hui, Zambito a rappelé que Luigi Coretti était prêt à témoigner dans le cadre du procès qui l’impliquait dans un dossier de fraude et de fabrication de faux; et que lors de son procès, il entendait, entre autre, faire appeler à la barre les Jean Charest et l’ex ministre libéral de la sécurité publique Jacques Dupuis, entre autre. Étonnamment, quand Goretti a déposé une requête pour arrêt des procédure en invoquant l’arrêt Jordan, la couronne ne s’est pas objectée et Coretti a été libéré de toute accusation sur le champ. Pow.

Un bon dossier de réglé et pas de chance que soient appelés à la barre des acteurs clés de la corruption libérale. Comme aujourd’hui d’ailleurs alors que l’on apprend que ce sont quatre co-accusés des dossiers de Gilles Vaillancourt à Laval qui sont libérés en fonction de l’arrêt Jordan. Petit à petit, on évite les procès qui pourraient être explosifs pour le parti Libéral. Et l’arrêt Jordan semble être devenu un moyen parfait pour que le DPCP découpe et choisisse soigneusement quels procès devraient se tenir, et quels autres on doit »malheureusement » abandonner en fonction des délais.

En réaction aux affirmations explosives de Lino Zambito, Dutrizac a reçu en entrevue les député Éric Caire, Pascal Bérubé et Amir Khadir. On remarquera de leurs réactions respectives, notamment celle du député Bérubé, que l’on ne se gêne plus pour suggérer que le DPCP puisse protéger le pouvoir en place et que l’UPAC puisse être de connivence avec le gouvernement. On notera d’ailleurs que le PLQ a bloqué toutes les tentatives de l’opposition de convoquer devant les parlementaires des représentants de l’UPAC, de la SQ et du MTQ. Cependant, Pascal Bérubé a promis au micro de Benoit Dutrizac qu’il trouverait le moyen approprié de faire témoigner Zambito et Goretti devant les parlementaires « compte tenu que la justice semblait, manifestement, tout faire pour éviter que la lumière soit faite concernant les graves allégations » dont on parle ici.

Ce qui se déballe devant nos yeux c’est ni plus ni moins que le dévoilement, en direct, de la complaisance des hauts dirigeants de la SQ, de l’UPAC et du DPCP envers le pouvoir en place. Le parti Libéral fait tout pour que la vérité ne se sache pas mais on constate que des anciens bénéficiaires et participants à cette corruption ont décidé que le temps était venu de parler, d’accuser de front ceux qui ont organisé, profité, maintenu et qui dorénavant font tout pour cacher le système de corruption, de collusion.

Encore une fois, le PLQ se mettra en mode « dommage control » et tentera d’étouffer l’affaire. Mais les accusations sont trop explosives pour que le tout demeure lettre morte. Plus que jamais la question se pose; les Libéraux ont-ils réussi à politiser, à instrumentaliser la justice au Québec pour se protéger de toutes accusations potentiellement dommageable? C’est très, très grave.

Je lève mon chapeau à Lino Zambito qui mène ce combat de front. Il aura besoin de gens qui l’appuient dans sa quête.

 

Scridb filter