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Le vote « non-francophone » au Québec est-il raciste?

Admettons que les francophones se décidaient à voter dans des proportions de plus de 90% « contre » un autre groupe linguistique ou ethnique, croyez-vous que l’on tarderait à les taxer de « racistes »? La question se poserait.

S’il existe une tendance qui se confirme de sondage en sondage quand on enquête sur les intentions de vote au Québec sur la scène provinciale, c’est bien celle-ci : le vote francophone se divise, le vote allophone et anglophone se cristallise.

Et c’est inquiétant tout ça.

Que le vote francophone se divise en fonction de paramètres divers, comme l’appui ou non à l’indépendance, l’inclinaison de boite ou de gauche, ou la préférence environnementale, voilà qui est sain et même témoigne d’une vitalité démocratique. Ce pluralisme des opinions assure qu’une idéologie, qu’une inclinaison politique ne puisse pas se superposer et s’imposer aux autres. Sauf que notre mode de scrutin actuel, plus que désuet, n’admet pas que s’exprime la pluralité des opinions. Pire, il perpétue l’hégémonie électorale d’une partie de l’électorat, clairement minoritaire, sur les autres.

Au cours des dernières semaines, l’opinion des Québécois sur ses intentions de vote au provincial a fait l’objet de différentes enquêtes. Certaines plus crédibles que d’autres. Au final, il est plus judicieux d’en remarquer les grandes tendances que de s’arrêter aux incohérences précises d’une sondage par rapport à un autre (par exemple, les intentions de vote chez les Francophones seulement entre un sondeur du Canada qui fait usage de la méthode « IVR » selon les données statistiques du recensement de 2011 vs un autre qui fait usage d’un panel web spécifique au Québec en fonction de la représentation régionale et sa particularité).

Pour ceux qui m’ont posé la question sur le sondeur Mainstreet qui publie ces jours-ci une enquête sur le Québec, je ne dirai que ceci; lors de la dernière campagne électorale fédérale en octobre 2015, quand CROP a publié un sondage troublant sur les intentions de vote dans le comté de Justin Trudeau (Papineau) payé par le NPD en sachant que cette formation politique le coulerait aux médias en le faisant passer pour une enquête « indépendante », c’est à Mainstreet que le PLC (et The Gazette) a demandé de rectifier les faits… De cette guerre de partis politiques et de sondeurs prêts à y jouer un rôle, c’est la crédibilité des enquêtes qui y a le plus perdu.

En ce qui concerne le sondage de Mainstreet dont tout le monde parlera pour quelques jours, on remarquera l’importante incohérence suivante dans la répartition des échantillons : on compile plus de répondants sur l’Île de Montréal que pour l’ensemble de tout le Rest of Québec. Pourtant, il y a un nombre plus grand de circonscriptions dans l’ensemble du Québec. Cela ne peut qu’avantager les partis qui sont « forts » sur l’île de Montréal (QS et le PLQ).

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Le vote allophone – anglophone

En dépit de l’incohérence de l’échantillon du sondage de Mainstreet, on doit quand même remarquer ceci; l’appui soviétique des électeurs « non-francophones » (c’est le titre du sondeur pour cet électorat) pour le parti Libéral du Québec. Tous les autres partis sont dans la marge d’erreur. C’est quand même hallucinant. Même en redistribuant la forte proportion de répondants « indécis », on en arrive à un résultat qui ne laisse aucun doute : aucun autre parti que le PLQ n’a accès à cet électorat.

Et voilà qui est troublant.

S’il fallait que les Francophones votent dans une proportion similaire pour un même parti, le tout afin de s’opposer à l’autre groupe socio-linguistique, j’en connais quelques uns qui hurleraient au « racisme ».

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Mais que le PLQ se garde au pouvoir, essentiellement, en se fiant à l’appui de cet électorat captif, rien de plus banal. Que le PLQ contrôle les vannes qui lui permet d’ajouter à pleine capacité à cet électorat captif; normal! Et n’allez pas demander que l’on n,y jette un coup d’oeil! On vous accusera de « souffler sur les braises de l’intolérance »! Parlez-en à François Legault.

Quand on considère les données actuelles (celles des élections en plus des sondages), on s’aperçoit que le flux de l’immigration au Québec, très important au prorata de la population, contribue quasi exclusivement à augmenter la base électorale du PLQ. De personne d’autre. Et c’est malsain. En échange, le PLQ se fait un devoir de représenter les intérêts de ce groupe d’électeurs, parfois au détriment des autres, de la majorité. Notamment en ce qui a trait à la question du « vivre côte à côte », de la laïcité.

L’électorat « non-francophone » se divise-t-il en fonction de questions d’importance comme les écueils de gouvernance et la corruption et la collusion libérale qui mine les fondements mêmes de nos institutions démocratiques? Apparemment non. Ce segment de l’électorat est parfaitement imperméable aux questions de gouvernance. Les élus du parti Libéral du Québec peuvent confondre la population, mentir, s’adonner à des pratiques douteuses en matière de financement, s »adjoindre tous les pouvoirs en matière de justice et de police, nommer le boss de l’UPAC, de la SQ, influencer la magistrature pour protéger le système en place et éviter que ses actions délétères n’atteignent ses rangs. PAS. DE. PROBLÈME.

Tant que le pouvoir n’atterrisse pas dans les mains de la majorité francophone.

Jour après jour on trouve quelqu’un pour taxer les Québécois de « racistes »; tant et si bien que le PLQ mettra sur pieds une commission sur le « racisme systémique » qu’il fera payer par la majorité francophone afin de lui entrer dans la gorge qu’elle est minée par le racisme. Bien entendu, quiconque osera avancer que si cela est possible, si le PLQ peut continuer à gouverner sans être inquiété, c’est beaucoup à cause de l’appui captif d’une partie de l’électorat qui se ligue en bloc, de façon stalinienne, contre les Francophones. Et ça, y’a rien de « raciste » là-dedans.

Bien entendu.

 

 

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