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Voir plus loin que la partielle de Gouin…

Voilà qui est décidé. Le parti Québécois n’opposera personne à Québec solidaire dans la partielle du comté de Gouin. Voilà l’une des deux ou trois circonscriptions où les Solidaires ont le (très limité) luxe de bomber le torse et de jouer aux fanfarons.

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Depuis que Françoise David a annoncé son départ, assez subitement d’ailleurs, les Solidaires ont profité de cette partielle afin de narguer le parti Québécois, loin de vouloir discuter de convergence. Dans les faits, ce qu’aurait aimé ce parti c’est que le PQ présente un candidat afin de le battre et de faire de cette partielle un tremplin vers d’autres gains, ailleurs, au détriment de l’électorat péquiste, le principal bastion de salut pour la formation d’Amir Khadir.

Québec solidaire en a besoin, surtout à Montréal là où sont ses chances de faire élire de nouveaux députés. Les sièges de Khadir (lui élu avec 46% des voix) et de David semblent solides. Ailleurs, c’est plutôt serré et rien n’est acquis; surtout quand on considère que le siège de Manon Massé risque bien de disparaître.

Portrait de la situation en fonction des résultats de l’élection générale de 2014. Québec solidaire a vu neuf de ses candidats (sur 124, pas de candidat dans Nelligan) récolter plus de 15% des voix, sept de ceux-ci sur l’île de Montréal. Notons la performance honorable de QS dans Rimouski (16.4%) et Taschereau (15.3%) bien que ce soit là bien loin d’une éventuelle victoire. Dans Hochelaga-Maisonneuve, l’excellent candidat solidaire Alexandre Leduc (30,6%) a chauffé la péquiste Carole Poirier (34,9%). Ailleurs c’est loin d’être acquis. Manon Massé est la seule autre candidate solidaire à avoir récolté plus de 30% des voix mais cela risque bien d’être à recommencer dans un autre comté en 2018. Fontecilla a fait bonne figure dans Laurier-Dorion, tout de même loin derrière l’échoué Gerry Sklavounos. Ce comté pourrait être intéressant à suivre en 2018.

Au final, c’est cinq candidats sur 124 qui ont fait plus de 19% des voix et en région, dans la majorité des cas, on ne dépasse que très peu la moyenne nationale de 7,6%. On peut aisément dire que Québec solidaire est un parti surtout établi à Montréal qui, au mieux, peut espérer ajouter un député aux deux sièges assurés (Mercier et Gouin) qu’il compte déjà. La situation est plus nébuleuse pour Manon Massé.

Voilà la situation à partir de laquelle Québec solidaire fanfaronne dans Gouin pour tenter de piéger le parti Québécois.

Comme bien d’autres indépendantistes qui s’identifie à la cause bien avant tout parti, le peu d’enthousiasme manifesté par les Solidaires envers une réelle convergence m’agace au plus haut point. Instinctivement, loin du war room péquiste, il est facile de bomber le torse et de souhaiter que le PQ trouve le ou la meilleure candidat(e) afin de répondre aux facéties solidaires. Mais cela serait trop facile. Pourquoi tomber ainsi dans la gueule du loup? Soyons réalistes, Gouin c’est ce qui s’approche le plus du comté Solidaire sur mesure; le PQ n’a rien à gagner de s’y faire planter dans une partielle.

Rien pantoute.

Constatant que le PQ ne tombait pas dans le panneau, les Solidaires ont répliqué que le PQ « abandonnait les gens de Gouin ». Ah? Le PQ se veut être un parti pro indépendance, de centre gauche. Québec solidaire est aussi (quoique des fois j’en doute…) indépendantiste et plus à gauche encore. Le PQ n’abandonne personne dans Gouin en laissant libre cours à d’autres indépendantistes. Facile décision diront les autres compte tenu que Lisée n’avait pas vraiment de chances de victoires. C’est vrai. Mais il s’agit là d’un geste qui pourrait bien être beaucoup plus significatif en 2018 quand viendra le temps d’analyser la situation dans Hochelaga-Maisonneuve, dans Laurier-Dorion. Comme tant d’autres indépendantistes, je préférerais 1000 fois un député Solidaire à cet échoué Libéral de Sklavounos.

Dans les circonstances, on doit appuyer la décision de jean-François Lisée de ne pas présenter de candidat dans Gouin. Quand viendra le temps de préparer le terrain pour l’élection de 2018, quand l’échéancier électoral se rapprochera, chacune des formations politiques en cause ici trouvera son compte à une certaine forme de collaboration. Que ce soit par un pacte de non-agression très précis et circonstanciel ou par le truchement d’une convergence plus élaborée. L’analyse des résultats de Québec solidaire dans les comtés qu’il peut espérer prendre à Montréal montre bien que la collaboration est la chose la plus logique à faire pour les deux formations.

En contrepartie, dans plus d’une douzaine de comtés en région et dans la couronne de Montréal, les péquistes gagneraient à s’adjoindre les votes Solidaires. Un chemin qui assure plus de chances de victoires aux deux formations politiques…

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