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Leonard Cohen, monument québécois…

Quand Leonard Cohen a refusé le prix littéraire du Gouverneur général en 1968, entre autre, par solidarité avec ses amis indépendantistes..

Tiré du livre Various Positions – A life of Leonard Cohen de Ira B. Nadel. (Traduction libre – référence )

En avril 1969, Cohen a reçu le prix du Gouverneur général en poésie pour son recueil « Selected poems – 1956-1968″. Plus de 200 000 copies de ce recueil avaient été vendues aux États-Unis. Il s’agissait de son premier recueil de poésie à être publié aux États-Unis, bien que son second album venait aussi d’y être lancé, contribuant à ale faire connaître comme auteur-compositeur. […]

« Selected pommes s’était aussi relativement bien vendu au Canada bien que dans une proportion moindre qu’aux États-Unis. Ce recueil se composait d’une sélections de textes de son premier recueil et de l’ajout de vingt nouveaux poèmes, le tout représentant un genre de survol de son oeuvre littéraire à ce moment là. Le recueil a aussi été publié en Angleterre en 1969 et, les années subséquentes, en Allemagne, en Israël, en Suède, en France et en Espagne. Quand Cohen a appris qu’il avait reçu le prix [du gouverneur général] il a envoyé un télégramme directement d’Europe: « Pourrais-je demander, respectueusement, que mon nom soit retiré de la liste des récipiendaires des prix littéraires du gouverneur général pour 1968. Je remercie sincèrement ceux qui ont considéré mon oeuvre de leurs généreuses intentions. Une partie de moi en est fort contente mais les poèmes qui composent l’oeuvre sont incompatibles avec le prix. » Personne  dans le Canada anglais n’avait jamais encore refusé cet honneur si prestigieux (et la généreuse bourse de 2500$ qui l’accompagnait), bien que le mois précédent, l’écrivain Québécois Hubert Aquin avait refusé le prix car celui-ci « n’était pas conforme à ses convictions politiques ». En tant que séparatiste et membre du Ralliement pour l’indépendance nationale, Aquin ne se voyait d’autre avenue que de refuse ce prix. Suite à l’embarras causé par le refus successif de deux auteurs en si peu de temps, la pratique fut changée et les vainqueurs des années suivantes devaient mentionner avant que l’on annonce le prix s’ils avaient l’intention de l’accepter.

De façon inattendue, Cohen s’est présentée à la fête tenue par Jack McClelland pour les vainqueurs des prix du gouverneur général au Château Laurier le soir de la remise des prix, accompagné de l’écrivaine Québécoise Diane Giguère. Quand il l’eut aperçu, fort courroucé, Mordecai Richler l’a enjoint énergiquement de le suivre dans la salle de bain en lui mentionnant : « Allez! Vient ici! Je veux te causer! » Richler a refermé la porte et le pointant vigoureusement lui a demandé de s’expliquer sur la raison pour laquelle il avait refusé le prix. « J’sais pas trop! » fut la seule réponde de Cohen, un peu paniqué! « Toute autre réponse et tu aurais eu mon poing au visage! » lui a répliqué le très fâché Richler. C’est que Cohen ne ressentait pas la nécessité de se solidarisé avec le Canada à cette époque. En 1969 le pays ne semblait pas, comme aujourd’hui, en être un qui rassemblait de cette façon Cohen s’est-il expliqué beaucoup plus tard. Et il croyait aussi que d’accepter cet honneur du gouvernement fédéral, lui qui venait du Québec à cette époque où les séparatistes menaient un combat de tous les instants pour faire reconnaître leur cause, n’était pas la bonne chose à faire. Il comptait de nombreuses amitiés dans le mouvement séparatiste et ne pouvait se dissocier de ces amitiés si facilement. « Je n’ai aucune idée pourquoi il s’est présenté à la fête » McClelland fera remarquer. 

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Leonard Cohen, artiste polyvalent, homme du monde, grand Canadien, Grand Montréalais… Mais aussi, ne l’oublions pas, un de nos Géants Québécois.

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