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L’effritement nationaliste de la CAQ…

Si l’on devait trouver un projet, un dossier d’importance pour faire école de la nécessité de faire l’indépendance du Québec, celui de l’oléoduc Énergie Est serait en tête de liste. Tout dans ce projet favorise les intérêts du Canada, cette « nation pétrolière paria » (Rogue petrostate) titrait le prestigieux Foreign Policy en 2013. Et rien n’a changé depuis l’éjection de Stephen Harper du pouvoir, loin de là. En pleine campagne électorale, son successeur Justin Trudeau autorisait son bras droit, Dan Gagner, à négocier avec les pétrolières pour les rassurer qu’advenait son élection, leurs intérêts seraient protégés.

De l’aveu même de nombreux intervenants au Canada qui favorisent les pipelines, et plus particulièrement le projet Énergie Est, on pense par exemple au premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall, la construction de l’oléoduc de TransCanada est plus qu’un projet pétrolier, c’en est un de « nation building ». Les partisans d’Énergie Est n’hésitent pas à parler « d’unité nationale » pour enfoncer de force aux Québécois ce projet délétère.

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Pourtant, les enquêtes d’opinion le montrent systématiquement, les Québécois n’en veulent pas de ce projet. Normal, il n’y a rien pour le Québec là dedans. Que des risques, aucun bénéfice et la poursuite d’une politique énergétique obsolète qui, à l’ère où tous tentent de réduire leur empreinte environnementale, ramènerait le Canada 50 ans en arrière en matière de lutte aux changements climatiques. Faire transiter sur plus de 4500 kilomètres de pipelines un pétrole d’exportation lourd, hyper dangereux, pratiquement irrécupérable quand il fuit (et non pas SI il fuit, car cela arrivera tôt ou tard) est tout simplement insensé. Ceux qui ont imaginé cet oléoduc le savent. C’est pourquoi ils ne lésinent par sur les immenses moyens afin d’acheter le consentement social essentiel à la réalisation du projet. D’ex politiciens comme Jean Charest, des conseillers politiques proches du pouvoir libéral au Québec, des maires au niveau municipal. TransCanada dispose des moyens d’acheter l’assentiment des propriétaires de chaque centimètre où passe ce pipeline au Québec.

Bref, il est dans l’intérêt supérieur du Canada de trouver quelque façon que ce soit d’exporter son pétrole des sables bitumineux, peu importe les risques. Des sommes colossales sont en jeu. La voie du sud via les États-Unis est bloquée, l’administration Obama ayant refusé de cautionner le projet KeystoneXL tant les risques environnementaux sont trop grands. Même chose vers l’ouest où les premières nations font tout pour bloquer les projets Northern Gateway et TransMountain (de Kinder Morgan). Solution? On traverse le Canada au complet vers les Maritimes. Et on met le paquet pour que ça se fasse. Quitte à jouer la carte de l’unité nationale au Québec pour s’assurer de l’assentiment des fédéralistes, qui gouvernent.

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Le parti Libéral et la Coalition avenir Québec appuient Énergie Est 

Si je suis un citoyen ou un élu municipal de Ste-Hyacinthe, de Mirabel, je suis en beau fusil aujourd’hui. Pourquoi? car la Coalition avenir Québec, loin de défendre les intérêts du Québec, se range avec le parti Libéral de Couillard (le grand club) afin d’appuyer ce projet qui, dans plusieurs régions où des députés de la CAQ ont été élus, est contesté avec véhémence. Un argument de plus, une preuve à ajouter aux autres que la CAQ n’est rien d’autre qu’une école de députation pour futurs ministres Libéraux. Deux partis identiques qui défendent les mêmes intérêts; loin des nôtres.

Suffit de regarder cette vidéo du député péquiste Alain Therrien tirée du vote à l’Assemblée nationale cette semaine alors que les députés avaient à se prononcer à ce sujet. C’est franchement pathétique de voir les députés de Ste-Hyacinthe, de Blainville, de Repentigny, des Bois-Francs et de Mirabel se lever pour appuyer Énergie Est quand on sait à quel point se battent les citoyens là-bas pour protéger leurs terres, leurs emprises d’eau potable contre cet oléoduc. Ces citoyens, ces élus locaux manquent de moyens pour lutter contre TransCanada et maintenant, ils savent que leur député provincial se rangera du côté de la multinationale du pétrole.

Tout simplement infect.

Quand François Legault ressortira sa petite étiquette « nationaliste » pour courtiser l’électorat, il sera du devoir de tous les nationaliste au Québec de lui rappeler ses incohérences. Comme celle-ci. Il n’y a rien de plus anti-nationaliste que de défendre ce projet d’oléoduc dopé à l’unité canadienne pour servir les intérêts pétroliers du Canada.

On ajoutera ça à l’épisode où, pour s’opposer au PQ et courtiser l’électorat anglophone captif du parti Libéral, François Legault s’était opposé à défendre de meilleures dispositions à la loi 101.

L’étiquette « nationaliste » de la CAQ est un leurre et il est grand temps que Legault réponde de ses incohérences. Tout ça débutera à St-Jérôme où il aura à expliquer aux gens de ce comté pourquoi il appuie Énergie Est…

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