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Couillard est-il en train de perdre son caucus?

Une brève de soir… Plus je lis sur ce qui se passe dans la saga Rona, plus je me questionne sur la possibilité que Philippe Couillard soit en train de perdre son caucus. On est très loin de l’unanimité forcée des militants qui ont humilié leur collègue Martin Drapeau en 2010 alors qu’il avait osé proposé que le PLQ débatte de la possibilité de lancer une commission d’enquête sur le monde de la construction… Non seulement a-t-il été victime de l’omerta libérale, pire, il a réellement craint pour sa sécurité pour avoir seulement demandé à son parti de débattre…

Il semble bien que Philippe Couillard pourrait avoir frappé un mur. Après tant de remaniements -à un point tel que la 41e législature du Québec est devenue une vraie farce- et de nominations de ministres, force est d’admettre que ça doit être difficile même pour les troupes libérales de prendre au sérieux le premier ministre. Ce dernier sentait-il le tapis lui glisser sous les pieds quand il a ramené la brute du régime Charest, Norm Macmillan, pour imposer plus de discipline? Faut croire que certains députés ne sont pas impressionnés.

Robert Poëti par exemple, qui semble avoir déclaré la guerre à son chef. Il est dans la meilleure position et demeure le député le plus populaire du caucus libéral. Le journaliste fédéraliste Michel Hébert se gratte la tête d’incompréhension ce matin en se demandant quelles sont les véritables raisons qui ont poussé Philippe Couillard à s’acharner contre le député Poëti. Le Spin doctor libéral Jonathan Trudeau aussi…

« Il ne faut pas oublier non plus la colère qui continue de gronder dans les rangs libéraux. En ne réintégrant pas Robert Poëti au Conseil des ministres, Philippe Couillard maintient le flou entourant les réelles motivations qui ont mené à son retrait. »

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On se souviendra que Poëti a voulu faire le ménage au MTQ mais qu’il s’est buté à la résistance d’une nomination partisane de Charest qui n’entendait pas se plier aux volontés de ce ministre trop curieux. Le ramener aux Transports aurait été aveu d’échec pour le premier ministre avec en prime, le même ministre qui aurait certainement repris sa croisade de ménage au MTQ. On se demande bien ce qui est si incriminant dans ce ministère pour que tout soit fait afin que la lumière n’y soit pas faite!

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Et puis aujourd’hui… Bang! Poëti rompt les rangs et clame dans les médias que sur le dossier Rona, il aimerait bien entendre l’ex chef de cabinet de son ex collègue Jacques Daoust tout juste évincé. Pourtant, en juin dernier, les libéraux ont tout fait pour bloquer le témoignage de Pierre Ouellet à la commission parlementaire de l’économie et du travail dont Poëti est vice-président. La sortie de Poëti aujourd’hui doit faire rager son chef dont plusieurs croient qu’il est derrière la décision de donner le feu vert à la vente de Rona. Si l’ex policier avait voulu mettre son chef dans l’eau chaude, il n’aurait pas procédé autrement.

Le même jour, Nathalie Normandeau, l’ancienne V-P du Québec et pilier de l’ère Charest, en conférence de presse chez son nouvel employeur à la radio de Québec, en réaction à la décision de son ancien parti de boycotter son micro, y va d’une déclaration surprenante. Selon Normandeau, des députés et ministres libéraux sont choqués de cette décision qui viendrait directement du bureau du PM lui-même. Comment peut-elle l’affirmer? Ce serait l’appel privé d’un(e?) ancien collègue ministre de l’époque Charest toujours au caucus aujourd’hui qui le lui aurait confier. Voilà qui donnera du travail à Norm Macmillan, ce débonnaire chef de la discipline qui doit déjà être à l’oeuvre afin de savoir qui a parlé.

Parions également que la nomination de Laurent Lessard, un autre ancien ténor du régime Charest et ex ministre des très névralgiques Affaires municipales (2009-2012), un ardent opposant à la mise sur pieds de la CEIC qui a connu un passage difficile à la Commission Charbonneau, un des ministres à (pas mal plus) 100 000$, voilà qui a dû en faire sourciller quelques uns dans le caucus. Philippe Couillard ne cesse de dire sur toutes les tribunes que le PLQ a changé. Voilà qu’il ne réussit même plus à convaincre ses propres troupes. Du moins ceux qui n’étaient pas de l’ère Charest. Couillard aurait pu ramener Poëti, il a choisi Laurent Lessard. Cette décision en soi est révélatrice de tant de choses…

Au parti de l’omerta, tout pourrait bien s’écrouler. On ne protège plus le chef, loin de là. On l’expose. Et qu’il se démerde avec ses magouilles. Dès 2013 lors de la chefferie du PLQ, bon nombre de militants avaient mis en doute le flair politique de Philippe Couillard, certains avaient même tout tenté pour le discréditer tant ils craignaient que celui-ci ne mène le PLQ au naufrage. Couillard est majoritaire, il devrait pouvoir tirer toutes les ficelles, mais rien n’y fait. Le chef prend toujours les mauvaises décisions. Comme en 2008, quand il a quitté dans la honte le ministère de la santé…

Le PLQ traîne un lourd passé de collusion, de corruption, si vaste qu’il sera impossible de faire taire tout le monde. Les députés, ministres, anciens du régime Charest et tant d’autres semblent l’avoir compris. Le PM Couillard pourrait bien être un homme en sursis…

 

 

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