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François Legault a choisi son camp…

Exit le « nationalisme »! La CAQ sera plus rouge que le parti Libéral.

L’affaire a quelque chose d’un peu ironique… C’est le jour de la St-Jean-Baptiste que François legault a choisi pour abandonner définitivement l’étiquette « nationaliste ». Lui, l’ancien caribou, l’artisan du budget de l’an 1 d’un Québec indépendant, lui qui pestait lorsque dans les rangs péquistes parce que son parti tergiversait sur la question nationale.

Depuis qu’il a fondé la CAQ avec le très fédéraliste Charles Sirois (et les Claude Garcia de ce monde) et quelques ex-indépendantistes de service afin de tenter de se donner un peu de crédibilité des deux bords de la question nationale, Legault a joué sur tous les tableaux concernant la question nationale.

Si ce n’était pas que ce dernier divise le vote francophone au profit de ceux qui moussent -et fomentent- aujourd’hui un « énième » retour en force de la CAQ, sa proposition politique, son louvoiement loufoque sur la question, auraient provoqué hilarité et l’auraient décrédibilisé, lui, complètement.

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Une belle vitrine s’offrait à Legault en cette fin de semaine de la fête nationale des Québécois; un meeting avec l’editorial board  du CTV-Montreal. Et comme il l’avait fait lors d’une récente visite auprès des médias régionaux dans la très libérale contrée de l’Outaouais ce printemps, Legault a mis la pédale dans le plancher afin de se distancer le plus possible de son passé indépendantiste. L’étiquette « nationaliste » est inutile ici. Legault choisit son message, son « branding » du jour en fonction de l’auditoire auquel il s’adresse.

Dans une saine démocratie, où les journalistes et chroniqueurs politiques jouent un rôle d’analyse critique sans complaisance, Legault serait questionné, attaqué, sur son double-discours en ce qui concerne la question constitutionnelle. Pas ici.

Et pourtant, Legault est allé très loin en entrevue chez CTV-Montreal.

« Francois Legault takes hard line against sovereignty », titre le média anglo-montréalais. François Legault adopte la ligne dure face à la souveraineté. Il a souligné plusieurs fois pendant son entrevue que la CAQ était résolument fédéraliste, et que sous un gouvernement de la CAQ les Québécois « auraient à endurer, souffrir, d’un référendum ». Extrait de l’entrevue :

« Legault says that a vote for the CAQ is a vote for Canada, plain and simple.

I want to be clear and I want to promise everybody that never at the CAQ will there be a referendum. Never, » said Legault. »

En fin de compte, afin de courtiser le vote fédéraliste captif du parti Libéral de Philippe Couillard, François Legault devient plus rouge que le parti Libéral. Déjà que la CAQ se lamentait que le PLQ lui volait ses idées très à droite, voilà maintenant que Legault, quand il courtise l’électorat fédéraliste libéral, abandonne toute inclinaison « nationaliste ». car en promettant de ne jamais recourir au fondement même de la consultation par référendum, Legault renie une proposition politique à la base de son étiquette « nationaliste ».

CAQ-P

Le programme de la CAQ spécifie noir sur blanc que ce parti militerait pour « une nouvelle entente constitutionnelle avec le Canada ». De deux choses l’une; François Legault fera disparaître cette ^proposition de son programme politique, sinon il sera forcé de s’expliquer comment il compte en arriver à une nouvelle entente constitutionnelle avec le Canada sans recourir au référendum.

Et voilà une question qui embête pas mal les militants, les staffers et les députés de la CAQ. C’est aussi une question embêtante pour les fédéralistes en général. Philippe Couillard brûle d’envie de signer la constitution de 1982, à genoux s’il le faut, afin que le Québec ne soit plus dans les limbes constitutionnelles lors du grand party du 150e anniversaire de la « confédération » du Canada. Mais il est coincé. Comme Legault. Les chefs fédéralistes savent très bien que les minces demandes libérales de Robert Bourassa (votées et défaites lors du référendum pan-canadien sur Meech) afin que le Québec joigne la constitution sans capituler complètement, seraient battues par une marge encore plus grande au Canada si on devait reprendre l’exercice.

L’impasse totale. Et les fédéralistes seront désormais chargés de proposer quelque chose. Finie l’époque de l’épouvantail référendaire à sens unique. Car les indépendantistes n’ont plus à porter seuls le poids des limbes constitutionnelles. Cette question doit être réglée et les fédéralistes du Québec ont bien peu à proposer aux Québécois afin de trouver une façon honorable pour que le Québec joigne la constitution du Canada.

Les Couillard et Legault espèrent donc que le temps passe, qu’une certaine complaisance de ceux qui les questionnent fasse que l’on n’insiste pas trop là-dessus. François Legault compte bien reprendre l’argumentaire bête de Philippe Couillard dans St-Jérome. L’épouvantail référendaire, la campagne de peur. Consulter la population c’est mal, la constitution d’un pays c’est anodin, ça n’intéresse personne.

Et pourtant, ils sont si faciles à mettre en boite ces caquistes quand on leur demande simplement comment ils comptent en arriver à une « nouvelle entente constitutionnelle avec le Canada » sans recourir à la consultation populaire… Je vous invite à consulter cette simple conversation sur les réseaux sociaux avec un attaché politique de la CAQ. Comme les autres, soigneusement, il évite de répondre à cette question toute simple…

Comment?

Dans une saine démocratie, les journalistes auraient démoli François Legault en ce jour de la St-Jean-Baptiste tant la contradiction est grosse.

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