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La mécanique référendaire de… Philippe Couillard!

Depuis la démission inattendue de Pierre-Karl Péladeau et le re-lancement de la course à la chefferie au parti Québécois, il fallait s’en attendre, on parle beaucoup (trop à mon sens) de « référendum ». Ce qui était également attendu c’était que certains journalistes, chroniqueurs et animateurs insistent, parfois de façon indue, sur cette question là pour effacer toutes les autres. L’entrevue de Michel C. Auger avec la candidate Véronique Hivon à Midi-Info le 20 mai fera école en la matière. La quasi totalité de l’entrevue a été consacrée à la question de la date. Comme le disait le docteur et commentateur des médias Alain Vadeboncoeur: « Quand le sage montre l’indépendance, le sot pointe le référendum… Signé, Confus! »

Ironiquement, les fédéralistes (et les Canadiens) sont eux aussi, dernièrement, empêtrés, rattrapés par les questions de « mécanique référendaire »…

Pour « entrer » dans la fédération en signant la constitution… Référendum ou pas M. Couillard?

Mars 2013, Philippe Couillard sort victorieux, tel que prévu, de la course à la chefferie du parti libéral du Québec. Non sans avoir été amoché par contre par son rival Raymond Bachand sur les questions éthiques… Lors de sa première conférence de presse à titre de nouveau chef du parti Libéral, un moment charnière s’il en est un, de quoi Couillard a-t-il choisi de parler? De constitution. La première adresse aux médias d’un nouveau chef est capitale en ce que c’est le moment de poser la fondation de thèmes importants pour le nouveau patron. Philippe Couillard a établi que sous sa gouvernance, il était temps pour le Québec de poser un geste fondamental: signer la constitution de 1982.

On s’entend que dans l’état actuel des choses, soit les limbes constitutionnelles, entrer dans la constitution ou en sortir (dans chaque cas pour de bon) voilà des décisions équivalentes, qui nécessitent la plus grande prudence et l’assentiment de la majorité de la population.

Si Philippe Couillard est obsédé par le « référendum » quand il est question de sortir de la confédération, il est beaucoup plus leste quand c’est le temps de signer la constitution… Une simple approbation parlementaire suffirait a-t-il proposé lors de ce point de presse d’importance. Questionné à cet effet, c’est au tour de Phillipe Couillard de ne pas vouloir « s’enfoncer dans la mécanique »! Ça ne s’invente pas!

« Lors de son premier point de presse à titre de chef du Parti libéral du Québec, il a répété qu’il souhaite que le Québec adhère à la Constitution de 1982 en 2017, date «symbolique» du 150e anniversaire de la fédération canadienne.

M. Couillard n’a toutefois pas voulu s’engager à tenir un référendum sur cette question. «Il y a également la possibilité d’approbation parlementaire, a répondu M. Couillard. Ce sera des choses dont on discutera. Ça dépendra de l’importance des enjeux soulevés.»

Le chef libéral ne veut pas s’enfoncer dans la «mécanique» et souhaite plutôt inclure «ceux qui ne sont pas de la majorité francophone qui ne se sentent pas inclus» dans la définition de la nation québécoise du Parti québécois. Il ne veut toutefois pas révéler les demandes qu’il ferait à Ottawa en échange de l’adhésion du Québec. »

Ainsi, le chef d’un parti qui ne voyait pas l’utilité de consulter la population par référendum sur le geste fondamental de RATIFIER la constitution gagnera ses élections quelques mois plus tard en démonisant le fait de consulter la population pour en sortir. Pire, sans jamais n’avoir consulté la population du Québec en campagne électorale, Philippe Couillard se sert de sa majorité parlementaire pour démanteler 50 ans d’un modèle étatique québécois. Le chef libéral a tout de même eu un petit moment de doute sur sa légitimité d’imposer une des plus sauvage politique d’austérité au Québec sans jamais ne l’avoir proposé en campagne électorale.

Quelle ironie que André Pratte soit celui qui lance le ballon d'essai du "référendum sur l'austérité" pour le PLQ...

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Ainsi, quelques mois après son élection, un ballon d’essai dans La Presse… « Et si on faisait un référendum sur l’austérité? » Quelle ironie que André Pratte soit celui qui lance le ballon d’essai du « référendum sur l’austérité » pour le PLQ… Lui qui, dans son éditorial prévisible pour Gesca, appuyait le parti Libéral en 2014 pour éviter le… référendum!

On notera en passant que Philippe Couillard aurait dû être enseveli de questions et de demandes de précisions de ses intentions quand il s’est proposé de ratifier la constitution par approbation parlementaire. Pourtant, le chef Libéral n’a pas été inquiété le moins du monde par la même presse qui, tout au long de la campagne électorale de 2014, s’acharnera sur le PQ concernant le « référendum » et le calendrier précis du PQ sur la question de la souveraineté. La même presse qui, en ce moment, s’acharne encore sur le référendum pour éviter autant que possible que la discussion porte sur la souveraineté.

Le référendum de Justin Trudeau

De son côté, le PM du Canada Justin Trudeau pourrait bien être, lui aussi, pressé de question sur ses « intentions référendaires » dans le dossier de sa réforme du mode de scrutin. Selon un sondage récent de Ipsos-Global, « Près de 73 % des Canadiens estiment qu’un référendum doit être tenu sur la réforme électorale planifiée par le gouvernement« . Donnée intéressante dans ce sondage, il semble bien que la rhétorique « anti-référendum » fonctionne bien au Québec puisque « Parmi les répondants, les Albertains (80 %) sont les plus favorables à la tenue d’un référendum, tandis que les Québécois (62 %) sont ceux chez qui cette idée reçoit le moins d’appuis« .

Au final, ce que j’en retiens c’est que l’argumentaire fédéraliste anti-référendaire s’est employé à connoter négativement un processus démocratique utile, positif, nécessaire. Question constitution, le politiciens canadiens et fédéralistes au Québec craignent comme la peste de consulter la population sur un Meech 2 par exemple afin de régler l’impasse. Pourquoi? Le résultat est prévisible; cette fois, les conditions infinitésimales des Libéraux de Bourassa seraient cette fois rejetées par la majorité des Canadiens par une marge encore plus grande. Cela explique d’ailleurs pourquoi les homologues canadiens de Philippe Couillard accueillent froidement les doléances constitutionnelles du plus fédéraliste des PM de l’histoire du Québec.

En attendant, Philippe Couillard fait ce qu’il peut pour démanteler, ratatiner le Québec de façon à ce que suite à sa gouvernance il ne reste plus qu’un champ de ruine au bout duquel il ne restera plus que la capitulation.

 

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