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142 mesures de compression; voilà le funeste bilan de Couillard en éducation…

Il y a de ces matins où la revue de presse me fait avaler mon café de travers. Bon, je ne parle mêmes des flocons qui s’étiolent lentement dans le ciel voilé de La Petite-Nation. Cette austérité climatique s’agence trop bien avec la morosité induite par l’austérité idéologique, économique du PLQ mais bon…

Non. Je parle plutôt du grand « rapetisseur en chef du Québec », le déshonorable PM du Québec Philippe Couillard qui, en fin de congrès libéral à Drummondville, a le culot se s’autoproclamer « LE premier ministre de l’éducation »…

Car le parti Libéral de Philippe Couillard a fait très mal au système d’éducation québécois. De la petite-enfance jusqu’aux études supérieures. Il l’a méprisé depuis le jour 1. Et ce constat n’est pas trop sévère.

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Mais attendez! Ça continue! Après avoir débité à la hache le système d’éducation au moyen de politiques d’austérité qu,il a été trop lâche d’annoncer en campagne électorale, voilà que Philippe Couillard fait la leçon aux Québécois francophones!

« Tsé votre système d’éducation… C’est d’la marde! Celui des Québécois anglophones est biiiiiin meilleur! »

Ratatiner le système d’éducation par le mensonge et le mépris

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) a dressé un bilan de l’ampleur des coupures en éducation faites par le parti Libéral du Québec. Il ne s’agit pas ici d’un exercice partisan mais bien le travail méticuleux de recensement de toutes les compressions et les coupures faites par le PLQ en éducation de la petite-enfance jusqu’au post-universitaire.

Ça donne la nausée.

Dans son préambule, l’IRIS rappelle que le PLQ refuse toujours d’admettre ses propres coupures de services et les effets délétères de ses coupures. Couillard, Coiteux, Leitao et les autres jouent sur les mots, refusent le terme « austérité » un jour et le lendemain avouent qu’ils veulent se défaire de l’étiquette. L’IRIS explique :

« Depuis 2014, le gouvernement Couillard refuse obstinément de définir ses politiques comme relevant de l’austérité budgétaire, préférant parler plutôt de rigueur. De plus, ce dernier a longtemps nié que ces coupes et compressions affectaient la population, et plus spécifiquement les plus vulnérables d’entre nous. Pour vérifier la véracité de ces propos, l’IRIS a fait une compilation des mesures adoptées depuis 2014 à l’aide d’un outil spécialisé, son Observatoire des conséquences des mesures d’austérité au Québec. »

En date du 1er mars 2016, l’IRIS avait identifié 342 différentes mesures de coupures diverses qui totalisaient plus de 4 milliards de compression. Quand l’économiste Pierre Fortin se désolait que le PLQ impose une des plus intenses politiques d’austérité de toutes les économies de l’OCDE, on en voit ici le résultat déprimant.

Le grand ratatinement de l’éducation

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Quand Philippe Couillard se dresse devant ses militants, sourire aux lèvres, pour se proclamer grand bâtisseur de l’éducation au Québec, il méprise l’ensemble de la population québécoise. Il lui rie en plein visage. Des 342 mesures de compression qu’il a imposé au Québec, l’écrasante majorité, soit 142 d’entre elles, ont visé l’éducation. L’austérité libérale illégitime a d’abord visé l’éducation, le moteur essentiel de l’épanouissement de toute nation.

Et ça, Philippe Couillard le sait très bien. Mensonge et mépris.

Pire encore, le PLQ que dirige Couillard s’est attaqué particulièrement au secteur de l’éducation postsecondaire, un élément capital du développement d’une nation qui veut briller et se tailler une place de choix dans l’économie du savoir du 21e siècle.

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Ces compressions insensées se sont traduites par la perte d’une expertise inestimable dans les réseaux collégial et universitaire. Ici, l’IRIS recense les conséquences désastreuses des coupures libérales dans le réseau universitaire :

« Les différentes universités du Québec ne s’en sortent pas mieux. L’Université du Québec à Trois-Rivières s’attend à enregistrer un déficit de plus de 10 M$ pour l’année 2015-2016. L’Université du Québec en Outaouais a adopté pour l’année 2015-2016 un budget déficitaire de 2 M$. Il manque 20 professeur·e·s à l’Université du Québec à Rimouski et il s’y donne maintenant moins de cours. L’ÉNAP se prive de 7 professeur·e·s dont elle a besoin pour ses quelques 750 étudiant·e·s. L’Université du Québec à Chicoutimi a adopté un budget déficitaire de 1,6 M$ et a fusionné ou aboli quelque 85 cours. L’Université de Sherbrooke a supprimé 37 programmes et totalise 82 postes de professeur·e·s non comblés. L’Université du Québec à Montréal a retranché 150 cours en plus de prévoir un déficit de 12,5 M$. L’Université Concordia, qui s’est fait couper 16 M$ de son budget en 2014, mettait en place un programme de départ volontaire pour ses employées. »

Qui, mais qui peut être fier de ça! N’oublions pas que la hausse malvenue des frais de scolarité pour les étudiants français qui choisissent le Québec s’est traduite par une diminution de 50% des admissions de ces étudiants à l’École de technologie supérieure (ETS) de Montréal.

Au niveau primaire et secondaire, la hache libérale s’est traduite par plus de 340 millions de dollars de compressions et la suppression de nombreux services essentiels à ceux qui s’en trouvent privés aujourd’hui. C’est proprement scandaleux.

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Quand un député ou un ministre libéral, et bien sûr le PM lui-même, argueront que leur austérité n’a pas affecté les services à la population, on pourra leur rappeler ceci…

« Les conséquences sont bien connues et ont été largement médiatisées. Nous en recensons plusieurs dans l’Observatoire. Des élèves d’écoles à vocation particulière se voient suspendre leur service de transport scolaire. Des services d’accompagnement pour les élèves handicapés ou élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EDHAA) sont réduits. Des élèves en difficulté se retrouvent dans des classes ordinaires, rendant ainsi plus ardue la tâche des enseignant·e·s. Le nombre d’élèves par classe augmente. Le nombre de livres achetés par les bibliothèques scolaires diminue. Des fermetures de classes ont lieu. Des postes de conseillers pédagogiques sont abolis. On constate une baisse de contrats octroyés en éducation spécialisée. Des emplois en enseignement, en administration, en orthopédagogie et en psychoéducation sont abolis. Les tarifs de garde scolaire ont augmenté (dans certains cas, ils ont même doublé). Hausse de taxes scolaires pour 26 commissions scolaires en 2014. Plusieurs autres hausses en 2015. Et ainsi de suite.

Au plan des budgets, ces compressions ont mis à mal la santé financière de plusieurs commissions scolaires. En 2014-2015, 32 commissions scolaires sur 72 présentaient des budgets déficitaires. En 2015-2016, ce déficit s’étendait à 39 commissions scolaires. »

Voilà le triste, le funeste bilan de la gouvernance Couillard en éducation.

Le premier ministre, du bout des lèvres à Drummondville, a tenté un mea culpa concernant les « chicanes stériles » sur les structures, façon de se dédouaner complètement d’une patate chaude qui divisait son caucus et ses militants, soit l’abolition des commissions scolaires. Mais jamais il ne s’est excusé du massacre, des 142 mesures de compression dans le domaine de l’éducation. Jamais. Pire, Philippe Couillard se félicite de la décision des militants libéraux de foncer vers la maternelle obligatoire à 4 ans; mesure inutile et inefficace qui n’a pour seul objet et bénéfice que d’enterrer une fois pour toute le réseau des CPE, cet agaçant et indéniable succès de la gouvernance péquiste. Et au diable les avantages admis, prouvés des Centres de la petite-enfance pour les enfants et les familles québécoise.

Il y a une nation qu’on rapetisse ici. Philippe Couillard ne s’excusera pas de cela; ça faisait trop longtemps qu’il salivait à l’idée de faire entrer de force ce Québec qu’il abhorre dans ce Canada qu’il adore…

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