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Le cirque de Gaétan Barrette a assez duré…

« Les excuses de Gaétan Barrette… Pour la sincérité disons simplement que faire ces excuses pour lui c’était comme si on lui arrachait deux dents à froid » Martine Biron, correspondante parlementaire à Québec pour Radio-Canada. Plus tard dans la journée lors de sa chronique à L’heure du monde, Martine Biron ajoutait à ses explications que Gaétan Barrette s’était avant tout excusé ce matin pour ne pas avoir à affronter le caucus libéral de la fin de matinée. Certainement pas pour faire amende honorable et reconnaître ses torts, ceux que tous sauf lui reconnaissent, même au sein de son parti.

Gaétan Barrette, le ministre « malotru » de Philippe Couillard, aura repoussé les limites de la vanité, de l’égo démesuré, mais du cynisme et de l’arrogance aussi jusqu’à la plus intolérable des frontières avant de finalement s’excuser, du bout des lèvres, sans vouloir ne donner raison qu’à lui-même sur le fond tenait-il à répéter. Ce n’est pas la première fois que Gaétan Barrette place son parti dans l’embarras, qu’il se ridiculise à la face du monde par son caractère vaniteux et arrogant, voire méprisant.

Dimanche soir dernier à Tout le monde en parle, devant plus d’un million de Québécois, il s’est fait un tort considérable. À sa formation politique aussi. Il répondra que son siège est loin d’être vulnérable, que les Québécois sont des tartes de toute façon, qu’ils ne connaissent rien à rien.

On connait sa méprisante chanson.

Il semble bien que Philippe Couillard refuse la confrontation frontale avec son « malotru ». Barrette n’a d’autres allégeances qu’à lui-même. Il n’hésiterait pas une seconde à planter son chef si ce dernier osait le confronter, le dénigrer ou, pire, attaquer sa superbe en donnant raison à un de ses adversaires. Ça le « malotru » ne l’accepterait jamais.

Pourtant, en octobre 2014, le premier ministre Couillard avait réprimandé son « malotru » qui s’était -encore-  fendu d’une charge violente, méprisante, cette fois à l’endroit de l’ex ministre de la santé péquiste Réjean Hébert. Gaétan Barrette avait placé son parti dans l’embarras -encore- car sa charge, qui relevait plus de l’intimidation que des débats civilisés, survenait alors que le PLQ s’apprêtait à lancer un grand forum de lutte contre l’intimidation.

Si le parti Libéral du Québec veut s’attaquer à l’intimidation, il faudra, avant tout, qu’il se débarrasse du ministre de la santé qui semble faire charges vexatoires, méprisantes, sa marque de commerce. Philippe Couillard avait alors affirmé ceci :

« En point de presse jeudi, le chef du gouvernement a reproché à M. Barrette de ne pas « aider son argumentaire » en « mettant en doute [les] qualités » d’un adversaire politique.

« Ce n’est pas le genre de discours que je veux que l’on tienne. […] Ce n’est pas nécessaire. Ça n’ajoute pas à l’argumentaire. Ça fait partie des choses qu’il faut changer dans la société », a déclaré M. Couillard à quelques minutes de l’ouverture du Forum sur la lutte contre l’intimidation. »

Le ministre Barrette n’a manifestement rien compris des mises en garde de son chef de parti. Cela ne surprendra personne. Barrette n’a pas d’étiquette politique, c’est avant-tout un carriériste qui voit à son avancement personnel. Ses méthodes de bully lui ont permis de mettre la main sur l’ensemble du système de santé. Il y a des plaintes, des oppositions légitimes, mais fort du pouvoir majoritaire du parti pour lequel il siège en ce moment, se sachant intouchable dans son parti, Gaétan Barrette a imposé sa volonté à tout le monde.

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Un an presque jour pour jour après avoir été réprimandé par son chef, le « malotru » se moquait des parlementaires, de l’institution qui l’emploie et des citoyens qui, par la voie de l’opposition en commission parlementaire, exigeaient qu’il réponde aux nombreuses craintes soulevées par ses projets de loi.

Barrette se câlissait bin raide de tout le monde et pitonnait sur sa tablette pour se moquer de l’opposition et des participants à la commission parlementaire.

Mépris pur jus.

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En mars 2015, au plus fort de la crise du CHUM alors que le président du conseil d’administration du super-hôpital Jacques Turgeon accusait le ministre Barrette d’abus de pouvoir et d’ingérence inacceptable, encore une fois le ministre a voulu rejeter la faute sur d’autres. Jamais la sienne.

Le jugement Berthiaume entre Carignan…

Et que dire de la lecture du jugement de la cour dans le dossier Berthiaume (la conjointe de Gaétan Barrette) contre Carignan (un ex associé du ministre). Du grand « malotru ».

Extraits du jugement (j’invite les gens à le lire en entier. Ce qui en ressort, comme en atteste le jugement, c’est que la quasi-totalité des gestes désobligeants seront attribués à Gaétan barrette):

« [10]        Le 19 mars 2008, une majorité d’associés de la SORAD convoque une assemblée afin de remplacer Barrette à la présidence de la société ainsi que comme chef du département de radiologie de HMR[4].  Il annonce alors qu’il quitte ses fonctions et que Filion les assumera dorénavant.

[11]        Bien que crus, il importe de reprendre les termes qu’utilise Barrette à son arrivée à cette assemblée, puisque ceux-ci constituent, assurément, l’un des germes de la discorde à venir : « Ma gang de crisses…. ».

[12]        Tous ceux qui témoignent, sauf Berthiaume, se disent froissés, pour dire le moins, par ce genre de commentaire assurément désobligeant.

[16]        Ainsi en janvier 2009, lors d’un dîner entre associés, Barrette tient des propos désobligeants à l’égard de Pauline Daigle (« Daigle »), une collègue radiologiste.  Cela provoque son départ en pleurs du repas.  Elle quittera la SORAD et HMR le 1er septembre 2009.  Berthiaume, bien que présente, affirme qu’elle ne participe pas à cet événement et qu’on ne peut lui attribuer les paroles de son conjoint.

[27]        Berthiaume contacte alors son conjoint.  Extrêmement bouleversée, elle lui déclare qu’on l’expulse tant de la SORAD que de HMR. Dans un premier temps, Barrette obtient alors par téléphone certaines clarifications de Filion, notamment que Berthiaume ne se trouve pas expulsée de l’hôpital et de la SORAD.

[28]        Dans un deuxième temps, en fin de soirée le même jour, Barrette rappelle  Filion et, selon ce dernier, le menace de «tout faire pour nuire au département», «d’attaquer personnellement tous les associés» et de les « détruire un à un » indiquant qu’il se «fout des dommages collatéraux» que cela pourrait causer.

[77]        Ugolini témoigne que Berthiaume et Barrette tiennent des propos désobligeants à l’égard de leurs collègues du département.  Quant à la réunion du 19 mars 2008, elle se déroule, selon elle, dans une atmosphère cataclysmique empreinte de colère et de rancœur.  Elle dit apprendre à cette occasion la situation de Berthiaume et ses demandes relatives à des heures travaillées pendant les vacances.

[83]        Quelques jours après la rencontre du 2 septembre 2009, Barrette convoque Ugolini à son bureau pour lui expliquer sa vision des choses.  Selon lui, Filion se révèle incapable de régler ce qu’il appelle « la chicane » au département et un grand ménage s’impose. Ainsi, on doit montrer la porte aux « chialeux », se débarrasser de Pistono qui constitue « un paquet de troubles » et les remplacer par des radiologistes d’origine française.

Et la finale…

[90]        D’ailleurs, hormis la question des rapports cliniques rédigés par Berthiaume qui reprennent ceux faits par des collègues et certains de ses propos, la presque quasi-totalité des gestes inopportuns proviennent de Barrette. »

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Une longue histoire de conflits

Dans bien des cas, les adversaires de Gaétan Barrette, ou ceux que le « malotru » a pris en grippe, ce fut le cas de Claude Castonguay, un ex ministre libéral, ont tout simplement refusé de s’engager dans tout conflit avec « ce grossier personnage avec lequel il n’est pas possible d’engager un dialogue civil« .

C’est dorénavant chose connue de tous que le ministre Barrette provoque un malaise au sein même de ses propres troupes. Michel David y réfère aujourd’hui :

« « On a un ministre qui dérape, qui n’a pas le contrôle de ses émotions », déplore Mme Lamarre. En réalité, c’est le problème inverse : M. Barrette ne laisse pas échapper de propos désobligeants, il les prémédite. C’est un malotru qui s’assume parfaitement malgré le malaise que son comportement provoque, y compris sur les banquettes libérales. »

Cela ne m’étonne pas le moins du monde. Il n’y a qu’à se souvenir des propos tenus par des députés libéraux de l’Outaouais (en 2012) sur Gaétan Barrette à l’époque où le « malotru » voyait la CAQ comme véhicule politique de ses aspirations du moment :

 

Au final, Gaétan Barrette risque bien de causer plus de torts que de bien au parti Libéral du Québec. La « réforme Barrette » (plus un abordage) laissera des traces au sein des nombreux intervenants de la santé, chez la population et même au sein de la députation libérale qui se trouve parfois bien embêtée de devoir la défendre. Je peux vous dire que c’est le cas du député de Papineau Alexandre Iracà qui est interpellé par des militants libéraux régulièrement dans le dossier des coupures et de la fermeture possible de l’urgence régionale de Saint-André-Avellin. Ce député avait promis en campagne électorale (2014) des heures d,ouverture prolongée pour l’urgence, suite à la réforme Barrette c’est plutôt un CLSC qui se vide et une urgence que l’on ampute de ses moyens que la population constate.

Mais pour le bien du peu de crédibilité qu’il reste au « métier de politicien », de député, et au constat des actions, du comportement de ce ministre « malotru », le mieux pour tout le monde serait que l’ensemble de l’opposition s’entende pour le confronter une bonne fois pour toute en demandant sa démission. Les parlementaires de tous les partis ont réussi à avoir la tête d’adversaires pour une fractions des pratiques inacceptable du ministre Barrette.

Son cirque a assez duré. Gaétan Barrette doit quitter. Sinon, que les parlementaires fassent pression sur lui, et sur son parti, afin qu’on lui montre la porte.

L’impunité dont il jouit a, elle aussi, assez duré.

 

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